| Guides de carrières
Les possibilités de carrière des politologues
Deuxième édition (1996)
par
Leslie A. Pal
School of Public Administration
Carleton University
pour le conseil d¹administration
de l'Association canadienne de science politique
Novembre 1996
Prière de citer ce document comme suit :
Leslie A. Pal, « Les possibilités de carrière des politologues »,
http://www.cpsa-acsp.ca/guides-f.html,
2e éd. (1996), consulté le [date de consultation sur le web].
Afin de favoriser le plus possible la diffusion de la présente recherche, l'Association canadienne de science politique autorise la reproduction de LES POSSIBILITÉS DE CARRIÈRE DES POLITOLOGUES à des fins non lucratives, à la condition que le nom de l'Association soit dûment mentionné chaque fois que le texte est reproduit ou cité en totalité ou en partie.
Nota : Dans le présent document, le masculin est utilisé comme générique dans le seul but d'éviter d'alourdir le texte.
REMERCIEMENTS
La première édition de ce guide a été publiée en 1991. Elle est disponible dans les centres d'emploi universitaires et les départements de science politique d'un océan à l'autre. Au début de 1995, David Smith, Ph.D., président (1994-1995) de l'Association canadienne de science politique, m'a demandé de mettre à jour le document original. J'ai accepté avec plaisir et je tiens ici à remercier plusieurs personnes pour l'aide qu'elles m'ont apportée. Je dois spécialement à Michelle Hopkins et au personnel du bureau national de l'Association d'avoir retracé des politologues qui poursuivent une carrière fructueuse en dehors des milieux de l'enseignement collégial et universitaire. Comme pour l'édition de 1991, je suis entré en communication avec ces personnes et plusieurs ont eu la gentillesse de me décrire en détail leur expérience. J'ai extrait des passages de certaines de leurs lettres (sans en indiquer la source précise); le lecteur pourra les retrouver dans les encadrés insérés ici et là dans le présent document. La School of Public Administration de Carleton University a assumé les frais postaux. Jackie Watt et Leighann Neilson au Placement and Career Services de Carleton University m'ont beaucoup aidé à saisir les tendances actuelles en matière d'emploi et de stratégies de recherche d'emploi. Ross Finnie, un collègue à la School of Public Administration, m'a généreusement consacré du temps et donné accès à ses ensembles de données personnelles tirés des Enquêtes nationales auprès des diplômés et des suivis connexes élaborés par Statistique Canada. Nous avons pu compiler, pour la première fois, des comparaisons détaillées entre les disciplines et au fil des ans et ce, pour les étudiants de premier, deuxième et troisième cycles en sciences sociales. Ross Finnie est le coauteur du chapitre II intitulé La recherche d'un emploi et le marché du travail.
Les possibilités de carrière des politologues
Introduction
Les avenues traditionnellement empruntées par les politologues après leurs études . l'enseignement collégial et universitaire et le droit . sont de plus en plus bouchées. Les diplômés en science politique sont de nos jours tout aussi susceptibles d'envisager une carrière dans le secteur privé que dans le secteur public, mais il existe relativement peu d'outils pour les guider dans leurs choix. Ce guide vise à combler une telle lacune et à servir de complément aux documents de nature plus générale qui vous aideront dans votre recherche d'emploi. Il s'adresse aux titulaires d'un baccalauréat, d'une maîtrise ou d'un doctorat en science politique à la recherche d'un travail en dehors des milieux de l'enseignement collégial ou universitaire. Cela ne signifie pas que les carrières dans l'enseignement (pas plus d'ailleurs qu¹en droit) offrent si peu de débouchés qu'il ne vaut plus la peine d'y songer. La plupart des universités et des conseillers d'orientation connaissent bien ces voies et peuvent donner de bons conseils sur la façon de s'y engager. Par ailleurs, on ne s'intéresse que depuis peu aux possibilités de carrières non universitaires; c'est pourquoi elles nous sont moins familières.
Vous vous êtes probablement déjà posé la question suivante (et on vous l'a sûrement posée à maintes reprises) : «À quoi sert donc un diplôme en science politique?». La science politique n'est pas une profession réglementée et, contrairement à l'ingénieur ou au médecin, le politologue le plus doué n'est pas «qualifié» pour un emploi précis. En effet, les départements de science politique, dans leur ensemble, ont toujours résisté à l'idée de devenir le camp d'entraînement des recrues de la fonction publique ou du secteur privé. Même dans les domaines de l'administration publique et des politiques gouvernementales, domaines qui pourraient le mieux correspondre à ce modèle de formation, on préfère en général se tenir à distance des gouvernements et du secteur privé. Il ne faut pas en conclure pour autant que vous ne possédez pas certaines compétences particulières qui pourraient être utiles au sein du marché du travail. Bien qu'il soit probablement préférable d'envisager en termes aussi généraux que possible la formation et les aptitudes que vous pouvez mettre au service de votre employeur, il n'en demeure pas moins que vos études ont porté sur une discipline précise. Il s¹agit là d¹un atout de taille. Nous supposons dans ce guide que, si la science politique ne vous qualifie pas à elle seule pour une carrière donnée, elle vous confère . en raison des questions fondamentales auxquelles s'intéresse cette discipline - certains avantages dans votre recherche d'emploi auprès des ministères ou des agences gouvernementales, des services d'affaires publiques de sociétés privées, de groupes d'intérêts spéciaux, ou encore dans le domaine de la recherche. Un haut fonctionnaire du gouvernement canadien note ainsi que la science politique lui a procuré une vaste connaissance du processus parlementaire, une aptitude à rédiger et des méthodes de recherche. «Je discute, dit.il, aisément de l'actualité avec les parlementaires . peut.être plus facilement que ne peuvent le faire ceux qui, parmi mes collègues, n'ont pas eu de formation en science politique.»
Ce guide porte sur les possibilités de carrière des politologues; il ne s'adresse pas aux carriéristes. Vous ne devriez pas étudier la science politique dans le seul but d'améliorer vos chances de décrocher un emploi. Si vous venez de quitter le CEGEP, accordez autant d'attention à votre choix de cours universitaires qu'à vos options de carrière; vous réussirez mieux dans un champ d'activités qui vous intéresse et vous motive que dans un domaine choisi strictement en fonction du pourcentage de diplômés qui trouvent un emploi. Vous (et vos parents!) verrez en lisant ce guide que la science politique peut déboucher sur une carrière à la fois intéressante et satisfaisante. Vous ne devriez vous engager dans cette discipline que si vous croyez qu'elle saura satisfaire vos besoins intellectuels. Par ailleurs, vous devez être conscient du fait qu'il y a peu de postes non universitaires pour un spécialiste du matérialisme français au XVIIIe siècle. Si vos inclinations vous poussent déjà vers une carrière principalement non universitaire, bonifiez votre formation universitaire en suivant des cours dans des disciplines connexes, comme l'économie, et familiarisez.vous avec l'organisation du secteur public, les principes de gestion, les pratiques budgétaires et les méthodes d'élaboration des politiques. La concurrence est vive dans le marché de l'emploi et les meilleurs postes iront aux personnes les mieux préparées et les plus compétentes.
Une mise en garde en terminant : ce document n'est pas un guide complet de recherche d'emploi. Il a été rédigé pour un public précis dans un but précis : décrire les débouchés non classiques qui s'offrent aux politologues et fournir des renseignements de base sur les personnes avec qui vous mettre en rapport et les moyens à mettre en oeuvre pour lancer une recherche d'emploi. Il ne suffit pas, pour trouver un emploi, de lire ce petit guide! Nous vous conseillons de vous adresser à un membre du corps professoral pour vous éclairer sur vos possibilités de carrière. Vous pouvez aussi vous rendre au bureau de placement ou au service d'orientation que l'on retrouve sur la plupart des campus. Passez également à votre centre d'emploi universitaire pour vérifier les dates de visite sur le campus - souvent dès le mois de septembre - de certaines compagnies et agences gouvernementales qui viennent rencontrer et embaucher les diplômés les plus prometteurs. Pour faciliter votre recherche d'emploi, vous pouvez aussi consulter quelques-uns des écrits spécialisés suivants :
En français
ACSEE (Association canadienne des spécialistes en emplois et des employeurs), Série Je cherche un emploi, 4 vol., 1991
Bolles, Richard, Chercheurs d'emploi, n'oubliez pas votre parachute, Laval, Guy Saint.Jean Éditeur Inc., 1983 Best-seller américain traduit et adapté pour le Québec. Comprend une bibliographie et une liste d'adresses utiles (agences de placement, associations, chambres de commerce, etc.)
Boulay, Denis, Comment obtenir l'emploi que vous recherchez, Montréal, Québécor, 1988 Des conseillers en ressources humaines de divers employeurs (Bombardier, IBM, Ville de Montréal, etc.) révèlent les meilleurs types de c.v. et de lettre de présentation et font des recommandations pour les entrevues.
Brazeau, Julie, Comment rédiger son curriculum vitae, Montréal, Éditions de l'homme, 1982
Dacey, Dorothy, Viser juste - Brochure à l'intention des personnes handicapées à la recherche d'un emploi, Ministère du Travail de l'Ontario
Emploi et Immigration Canada, Classification nationale des professions - Index des appellations d'emplois (mis à jour périodiquement)
Emploi et Immigration Canada, Classification nationale des professions - Descriptions des professions (mis à jour périodiquement)
Kravette, Steve, Comment obtenir un emploi en 60 secondes, St.Lambert, Héritage, 1983
Lalonde, Geoffrey, L'emploi idéal en quatre minutes, Montréal, Les Éditions de l'homme, 1980 Si vous êtes moins pressé... Une approche différente pour élaborer votre curriculum vitae, comment tromper la vigilance des secrétaires, comment s'habiller pour l'entrevue, etc.
En anglais
Aburdene, Patricia et Naisbitt, John, Megatrends for Women, New York, Villard Books, 1982
Beck, Nuala, Shifting Gears: Thriving in the New Economy, Toronto, Harper, 1992
Hachey, Jean-Marc, The Canadian Guide to Working and Living Overseas: The Complete Guide for Entry Level and Seasoned Professionals, Ottawa, Intercultural Systems, 1995
Jackson, Tom, Guerilla Tactics in the New Job Market (New York, Bantam, 1993
Lang, Jim, Make Your Own Breaks: Become an Entrepreneur and Create Your Own Future, Toronto, Trifolium Books, 1994
Canada Employment Weekly
Parker, Yana, The Resume Catalogue: 200 Damn Good Examples, Berkeley (Californie), Ten Speed Press, 1986
Sinetar, Marsha, Do What You Love: The Money Will Follow, New York, Dell, 1987
La recherche d'un emploi et le marché du travail
Vous trouverez dans les autres sections de ce guide des renseignements précis sur les différents cheminements de carrière qui s'offrent à vous. Avant d'aborder ces sections, il est bon de garder en tête certains détails sur la façon de chercher un travail et sur la nature du marché de l'emploi.
La recherche de l'emploi idéal/le choix d'une carrière
Tout guide de recherche d'emploi véhicule les deux vérités fondamentales suivantes : primo, vous devez, lorsque vous cherchez un emploi, mettre en valeur votre personne et vos qualifications; secundo, il n'est pas facile de trouver un emploi. Pour convaincre les gens de votre valeur, vous devez savoir qui vous êtes et ce que vous voulez. La première étape importante à franchir dans la recherche d'un emploi en dehors des milieux d'enseignement consiste à dresser une liste de vos intérêts et de ce que vous pouvez offrir à un employeur. Il importe donc que vous vous auto.évaluiez. Posez.vous les quelques questions.clés qui suivent au moment de rédiger votre curriculum vitae :
Formation universitaire
Vous lisez ce document parce que vous avez reçu une formation en science politique et que vous cherchez un emploi en dehors des milieux d'enseignement. En quoi votre formation vous aide.t.elle à vous démarquer ?
- Quelles ont été vos concentrations ? Les relations internationales, les théories politiques, la politique canadienne, la politique comparée, l'administration publique et les politiques gouvernementales, épistémologie ?
- Comptez-vous à votre actif des travaux d'importance . par ex., articles, mémoire, thèse, document de recherche . qui témoignent de vos connaissances spécialisées ?
- Quelles compétences précises ont résulté de ces connaissances spécialisées ? Analyse de données par ordinateur, conception d'enquêtes, recherche dans les archives, méthodes d'entrevue, connaissance de langues étrangères, aptitude à rédiger ?
- Avez.vous reçu une formation dans d'autres disciplines (par ex. : mineure en économie) ? Quelles compétences en découlent ?
- Quelles réalisations acadmémiques (par ex. : prix et distinctions, voyages, participation à des parlements modèles, poste dans des associations étudiantes) méritent aussi d'être soulignés ?
Acquis personnels
Les informations qui suivent ne font pas partie de celles dont a besoin un employeur au début, mais ils vous aideront à vous présenter en entrevue et à montrer pourquoi vous êtes le meilleur candidat pour le poste. Il s'agit ici de définir en quoi vous êtes une personne différente des autres ?
- Avez.vous beaucoup voyagé ? Avez.vous été en contact avec des milieux culturels différents du vôtre ? Le milieu dont vous venez vous a-t-il donné une sensibilité particulière qui peut être utile dans une carrière donnée ?
- Quels emplois avez.vous déjà occupés ? Quelles étaient vos responsabilités ? Y a-t-il certaines de vos réalisations qui méritent d'être soulignées ?
- Quels passe-temps ou intérêts particuliers témoignent de ce que vous êtes et des talents spéciaux que vous avez ?
- À part ce que vous avez accompli dans des emplois ou à l'université, y a-t-il des réalisations et des réussites qui sont dignes de mention ?
- En toute honnêteté, quels adjectifs vous qualifient le mieux (par ex. : ambitieux, éloquent, pointilleux, intuitif, décontracté, fonceur, spontané, méthodique, souple, sociable, introspectif, efficace, logique) ?
Compétences générales
La plupart des chercheurs d'emploi accordent trop d'importance aux compétences et caractéristiques précises qu'ils ont à offrir. En plus de ces dernières, vous possédez des habiletés générales que vous ne devez pas négliger. Ces habiletés se rattachent à quatre grands domaines : communication, création, leadership et relations interpersonnelles.
- Dans quels domaines de la communication excellez.vous : rédaction, négociation, débat, entrevue, écoute, transcription, traduction, enseignement ?
- Comment réussissez-vous le mieux à exprimer votre créativité : dessin, modélisation, perception intuitive, conception, expérimentation, présentation, découverte ?
- Quelles formes prend le plus facilement votre leadership : vous administrez, coordonnez, déléguez, guidez, motivez, planifiez ? Comment fonctionnez-vous en groupe ?
- Quelles habiletés en matière de relations humaines possédez.vous ? Savez-vous mettre les gens à l'aise dans des situations délicates, êtes-vous en mesure de transiger aisément avec des étrangers, êtes-vous capable de donner de bons conseils ?
Les autres sections de ce document vous informeront sur les diverses possibilités d'emploi qui s'offrent aux politologues. L'une d'entre elles pourrait peut.être vous attirer plus que les autres. Arrêtez-vous un instant pour réfléchir à votre formation, vos intérêts et vos habiletés. Comment l'éventail de vos qualifications, universitaires et personnelles, fait.il de vous le candidat idéal pour tel ou tel poste ? Rappelez-vous que vous ne pourrez supplanter vos concurrents que si vous avez acquis une bonne connaissance de vous-même.
Le marché de l'emploi
La seconde étape consiste à vous familiariser avec le marché de l'emploi. Gardez bien à l'esprit que vous n'offrez pas simplement vos services à un employeur; vous vous offrez aussi un emploi. Assurez.vous que vous connaissez tous les détails pertinents sur le poste envisagé, le salaire évidemment, puis tout ce qu'on attendra de vous. Et demandez-vous si vous allez être heureux dans un tel emploi. N'oubliez pas non plus qu'environ le quart seulement des employeurs publient leurs offres d'emploi. Les agences gouvernementales et le secteur public ne font guère mieux. D'autres méthodes, souvent indirectes, vous permettront parfois de découvrir les occasions à saisir, comme la lecture, dans les pages économiques de votre quotidien, d'un article signalant qu'une compagnie X étendra ses activités dans votre région ou a fait une soumission pour un contrat important. Profitez-en pour damer le pion à vos concurrents en envoyant immédiatement votre c.v. et une lettre à cette entreprise. Consultez aussi le cahier «Carrières et professions» des journaux et les revues spécialisées, mais souvenez.vous que c'est davantage grâce aux personnes que vous connaissez (1 fois sur 2) et aux contacts directs avec l'employeur (1 fois sur 4) qu'aux journaux (1 fois sur 20) et aux bureaux de placement (1 fois sur 25) que vous prendrez connaissance des occasions d'emploi qui s'offrent à vous.
Tout ceci présume résolue la question des types d'emplois disponibles. Le reste de cette section fournit des données sur les tendances en matière d'emploi, au cours de la dernière décennie, pour les diplômés en science politique. Mais quelles sont les caractéristiques générales du marché que vous devriez connaître afin d¹analyser correctement ces tendances ?
Le phénomème nouveau le plus significatif du marché de l'emploi canadien au cours de la dernière décennie est l'apparation de cheminements de carrières multiples. Même aussi récemment qu'au début des années 1980, les diplômés universitaires pouvaient envisager de trouver un emploi où ils feraient carrière durant toute leur vie active. Une fois en place, ils restaient. Leur formation était liée à un choix de carrière unique; aussi un cheminement de carrière unique impliquait-il un cheminement universitaire unique permettant d'acquérir un ensemble distinct de compétences. Tout cela a changé. Les diplômés universitaires d'aujourd'hui devraient s'attendre à entreprendre jusqu'à sept ou huit «carrières» durant leur vie active. De nouvelles carrières exigent de nouvelles compétences; l'éducation et la formation deviennent donc l'entreprise de toute une vie. Cela ne veut pas nécessairement dire qu'après avoir obtenu votre diplôme en science politique, vous devrez obtenir une formation d'ingénieur dix ans plus tard. Cela signifie plutôt que vous devrez appliquer les compétences de base ou même spécialisées de votre discipline dans de nouveaux contextes. Un diplômé en administration publique, par exemple, pourrait travailler dans un ministère, un organisme non gouvernemental, une agence internationale, une société d'experts.conseils ou chez un courtier en marchandises. À cette tendance vers les cheminements de carrières multiples s¹ajoute le phénomène des emplois multiples. Un nombre accru de personnes occupent en effet deux et même parfois trois emplois simultanément, ce qui exige un grand sens de l'organisation et beaucoup d'endurance.
Une autre grande tendance importante pour les diplômés en science politique est la réduction de la fonction publique et l'accent grandissant mis sur l'emploi au sein du secteur privé et sur l'entrepreneurship. Dans son budget de 1995, le gouvernement fédéral a annoncé la coupure de 45 000 emplois dans la fonction publique; au cours de la même année, six gouvernements provinciaux ont déposé des projets de budget équilibré, reposant tous d'une manière ou d'une autre sur une réduction des services gouvernementaux ou du nombre de fonctionnaires. Le secteur public a été depuis toujours le principal employeur des diplômés en science politique; une réduction aussi importante des ressources humaines laisse supposer moins de possibilités d'emploi que dans le passé. Il ne faut pas oublier, toutefois, que le gouvernement ne va pas disparaître et qu'il y aura toujours des emplois dans le secteur public. Cependant, ces emplois ne seront pas aussi nombreux et la concurrence se fera plus vive. De plus, certains emplois passeront du secteur public au secteur privé à mesure que les ministères feront appel à la sous-traitance et à la privatisation.
Toutes ces considérations mettent en relief le fait qu'avec une diminution des débouchés dans le secteur public, les diplômés en science politique devront de plus en plus se tourner vers le secteur privé (ou non gouvernemental ou à but non lucratif) pour se trouver des emplois. Les bureaux de placement insistent sur l'importance de l'entrepreneurship dans une recherche d'emploi, qu'il s'agisse de l'énergie et l'imagination que vous y mettrez ou encore de la possibilité de créer votre propre emploi en regroupant plusieurs emplois à temps partiel ou en lançant votre propre entreprise. En vérité, la science politique en tant que discipline universitaire vous prépare peu à la création de votre propre entreprise. Mais n'oubliez pas : vous vous présentez non seulement en tant que diplômé en science politique, mais aussi comme une personne qui dispose d¹un ensemble d'expériences et de compétences uniques en leur genre. Et parmi ces compétences figurent les connaissances et la structure mentale qui dérivent d'une formation en science politique.
Un dernier point sur le nouveau marché de l'emploi : il ne faut pas désespérer! Si les taux de chômage demeurent élevés dans un grand nombre de secteurs et de régions du pays, l'économie dans son ensemble croît depuis le milieu des années 1990 et les emplois offerts ne sont pas principalement des petits boulots qui demandent peu de scolarité et de compétences. Les données du début des années 1990 de Statistique Canada démontrent plutôt le contraire : si les emplois pour ceux qui n'ont qu'un diplôme d'études secondaires ou moins diminuent en nombre, les emplois pour les titulaires d'un diplôme collégial ou universitaire se multiplient. Un diplôme universitaire en science politique confère des compétences spéciales liées à la discipline et des compétences polyvalentes qui font partie d'une éducation supérieure (communication, organisation, analyse, gestion efficace du temps). Si le marché de l'emploi est effectivement changeant et exigeant, vous êtes aussi bien placé que quiconque - et considérablement mieux que la plupart - pour réussir.
Le guide Emploi.avenir d'Emploi et Immigration Canada utilise les données du Système de projections des professions au Canada pour identifier les possibilités d'emploi jusqu'en 1995 en fonction de la scolarité. L'édition de 1990 (la plus récente) fournit certains renseignements utiles sur les expériences professionnelles des diplômés récents en science politique.
Je fais de la recherche en politique. Il y a trois ans, comme les perspectives d'emploi étaient plutôt sombres, j'ai créé, avec deux autres politologues, un petit cabinet d'experts.conseils. Autrement dit, pour pouvoir travailler dans mon domaine, j'ai dû devenir un petit entrepreneur. J'utilise mes connaissances et mes compétences en science politique tous les jours.
Si l'un de mes enfants voulaient se diriger en science politique, j'essaierais probablement de l'en dissuader. Cela étant dit, je conseillerais aux étudiants qui sont actuellement inscrits en science politique d'acquérir une formation en statistiques et en informatique, d'améliorer leurs connaissances de la deuxième langue officielle et d'apprendre une troisième langue. Je leur conseillerais aussi de diversifier leur formation en faisant un deuxième baccalauréat ou une maîtrise dans une autre discipline.
Pour ce qui est des attentes, il ne faudrait pas placer la barre trop haute. La plupart devront chercher de l'emploi dans le secteur privé et ne travailleront pas dans leur domaine de compétence. Ceux qui veulent travailler dans leur domaine devront se démener pour trouver des emplois à court terme ou un contrat avec le gouvernement, une université ou un organisme non gouvernemental. Cette situation, entrecoupée de périodes de chômage, pourrait durer plusieurs années. Ils devraient donc épouser quelqu'un qui a une carrière décente et qui est compréhensif!
Un expert-conseil
La science politique est plus qu'une valeur constante dans mon travail; elle est une exigence. Je fais de la recherche indépendante pour des parlementaires; ce travail s'effectue donc dans le contexte direct de l'établissement des politiques gouvernementales. Au plus haut niveau, il comprend des responsabilités importantes et très spécialisées et exige des compétences correspondantes - analyse de problèmes complexes, communication écrite et orale. Dans mon cas, je travaille surtout dans le domaine des politiques étrangères et des relations internationales (finance et commerce compris).
Je conseillerais aux étudiants d'acquérir une solide formation dans la discipline d'abord, puis de perfectionner leur capacité d'analyse conceptuelle et leur aptitude à la communication écrite. Il leur faut aussi développer leurs compétences en analyse empirique et dans les technologies de l'information. Ce bagage constitue la base à partir de laquelle ils pourront développer plus tard diverses spécialisations; ce sont là des connaissances qui donnent la polyvalence et la souplesse de plus en plus exigées aujourd'hui. J'encouragerais les étudiants à penser explicitement en termes d'applications de politiques potentielles dans leur champs de spécialisation. Plus tard, ils devraient explorer les politiques relatives à des sujets qui sont mieux compris dans un contexte interdisciplinaire.
Les diplômés devraient se demander comment ils peuvent créer des emplois non traditionnels pour mettre à profit leurs compétences à la sortie de l'université. Manifestement, des compétences en informatique et en linguistique, pour ne nommer que celles-là, peuvent avoir un attrait pour des employeurs potentiels, mais il faudra aussi les convaincre de la valeur particulière d'une formation en science politique (si elle ne constitue pas une exigence du poste). Les diplômés devront apprendre à faire le lien entre les connaissances qu'ils ont acquises à l'université et les outils professionnels à leur disposition, notamment ceux qui ont trait à l'analyse des politiques. Étant donné la situation actuelle, ils ne devraient pas cantonner leur recherche d'emploi au secteur public; les organismes privés et non gouvernementaux ainsi que les cabinets d'experts-conseils ont aussi besoin d'analystes qui connaissent bien les processus gouvernementaux et politiques. À cet égard, je conseille aux diplômés de s'adresser aux intervenants et aux réseaux qui, en matière de politiques, oeuvrent dans les secteurs qui les intéressent tout particulièrement. Ils devraient chercher des occasions de jouer un rôle (peut-être à titre de bénévole au début) dans ces milieux, car un emploi à long terme pourrait bien en dériver.
Chercheur parlementaire en chef
Perspectives d'emploi des bacheliers en science politique
En 1990, 40 % des diplômés étaient des femmes; la proportion était de 36 % en 1982 et atteignait son sommet à 44 % en 1986. Dans toutes les autres sciences sociales, toutefois, les femmes constituaient, de 1982 à 1990, une majorité (environ 55 %). Les politologues étaient beaucoup plus susceptibles de poursuivre leurs études universitaires après l'obtention de leur baccalauréat (39 %) que les diplômés d'autres disciplines (14%). Ceux qui se cherchaient un emploi sitôt diplômés s'en trouvaient un plus difficilement que les bacheliers d'autres disciplines, si bien qu'on retrouvait au moins deux fois plus de chômeurs chez les diplômés en science politique que chez les autres diplômés du premier cycle (voir plus loin les données les plus récentes). Les bacheliers en science politique étaient employés dans de nombreux secteurs. En 1992, par exemple, on en retrouvait environ 35 % dans la gestion et l'administration et 23 % dans des emplois de bureau ou des emplois connexes. Les diplômés en science politique travaillent aussi dans des secteurs reliés aux sciences sociales, à la vente, à l'enseignement et aux services. Les statistiques récentes révèlent également que, sitôt diplômés, les politologues ont davantage tendance à travailler à temps partiel ou à occuper un emploi temporaire que les diplômés des autres sciences sociales.
Perspectives d'emploi des titulaires d'une maîtrise ou d'un doctorat
Les femmes représentaient 31 % des maîtrises et 8 % des doctorats obtenus en science politique en 1987. Selon les rédacteurs d'Emploi.avenir, la proportion des politologues diplômés à la maîtrise que se lançaient à l'assaut du marché du travail se situait dans la moyenne, quoique le nombre de ceux qui se trouvaient un emploi à temps plein était nettement sous la moyenne. Le pourcentage de chômeurs (21 %) était trois fois plus élevé que la moyenne. La majorité de ceux dont la quête d'emploi s'est révélée fructueuse travaillaient en gestion ou en administration au sein du gouvernement; les autres travaillaient comme rédacteurs, analystes des organisations, agents de recherche dans le secteur social ou comme enseignants.
La recherche d'un emploi à temps plein était tout aussi fructueuse chez les titulaires d'un doctorat en science politique que chez les autres diplômés de troisième cycle; la majorité se concentrait dans l'enseignement universitaire et l'administration scolaire et gouvernementale. En dehors des milieux de l'enseignement, ils devaient surtout prendre garde à la concurrence féroce des diplômés en gestion et en histoire.
Les données d'Emploi.avenir sont limitées à maints égards. Elles se fondent sur des statistiques de 1980 avec des projections pour les années 1990. Elles ne nous donnent aucune indication sur les gains, ni sur un aspect peut-être encore plus important, la satisfaction au travail. Elles ne nous indiquent pas non plus si la situation se détériore pour les diplômés en sciences sociales. Heureusement, Statistique Canada a élaboré une base de données précieuse (mais étonnamment peu utilisée, mis à part Emploi.avenir); il s'agit des Enquêtes nationales auprès des diplômés et des suivis connexes qui permettent de faire des comparaisons détaillées entre trois cohortes de diplômés qui ont réussi leurs études dans des universités et collèges canadiens en 1982, 1986 et 1990. Des entrevues ont été menées auprès de chaque cohorte deux ans et cinq ans après l'obtention du diplôme (la dernière série d'entrevues avec la cohorte de 1990 vient tout juste de se terminer et les résultats ne sont pas encore disponibles). En plus de la répartition habituelle selon les disciplines et le sexe, la base de données donne un aperçu fort intéressant des diplômés : scolarité, expérience de travail (avec des questions sur les gains, la satisfaction au travail et les compétences utilisées) et même évaluation du programme d'enseignement («Pourquoi vous inscririez-vous de nouveau dans le même programme ?»). Les tableaux et graphiques qui suivent résument certaines des principales conclusions qui présentent un intérêt pour des diplômés en science politique.
Une des questions porte sur le nombre de diplômés qui poursuivent leurs études au bout d'un certain temps après l'obtention de leur dernier diplôme. Les données indiquent que les diplômés en science politique sont systématiquement plus nombreux à poursuivre leurs études que les autres diplômés en sciences sociales et que tous les bacheliers. Le tableau 1 indique que la proportion en 1984 et en 1987 était presque deux fois plus élevée que pour les autres catégories de diplômés, quoique les écarts aient diminué pour les cohortes de 1986 et de 1990. Il serait difficile d'expliquer pourquoi sans une analyse plus poussée, mais on peut avancer l'hypothèse que de nombreux diplômés en science politique considèrent souvent leur baccalauréat comme un point de départ pour leurs études en droit. D'autres données analysées plus loin semblent indiquer que cela pourrait s'expliquer par une moins bonne correspondance entre l'enseignement reçu par les diplômés en science politique dans le passé et les compétences professionnelles requises.
Les tableaux 2 et 3 indiquent la situation professionnelle de ceux qui n¹ont pas obtenu de diplômes supérieurs dans les trois cohortes deux et cinq ans après l'obtention d'un premier diplôme. La bonne nouvelle est que pour les deux premières cohortes, la proportion de diplômés qui ont trouvé un emploi à temps plein a augmenté dans les années suivant l'obtention du diplôme. Entre 1984 et 1987, par exemple, la proportion est passée de 72 % à 79 % de tous les diplômés en science politique. Autre signe encourageant : 81 % de la cohorte de 1990 a trouvé un emploi à temps plein dans les deux années suivant l'obtention du diplôme. Il est moins réjouissant toutefois de comparer à long terme l'évolution des diplômés en science politique et des diplômés des autres sciences sociales. Les diplômés en science politique réussissent systématiquement moins bien à trouver un emploi à temps plein que les diplômés des autres sciences sociales. L'écart le plus grand s'est produit en 1988, moment où 65 % des diplômés en science politique avaient un emploi comparativement à 82 % des diplômés des autres sciences sociales. La cohorte de 1990 a toutefois obtenu de meilleurs résultats; en fait, les diplômés en science politique ont même dépassé les autres (81 % contre 79 %). Le tableau 3 indique que les taux de chômage pour les diplômés en science politique étaient plus stables et plus élevés que pour les autres diplômés, bien que les taux de 1992 étaient pratiquement les mêmes.
Les Enquêtes nationales auprès des diplômés comprennent aussi des questions sur les gains, la concordance entre les compétences professionnelles requises et la formation reçue, la satisfaction à l'égard de l'emploi en général et la satisfaction à l'égard de la rémunération. Il serait trop long de reproduire toutes ces données dans ce guide, mais toute personne qui vise l¹obtention d¹un diplôme en science politique devrait être au courant des tendances globales. D'abord, dans les cinq enquêtes menées, les diplômés en science politique ont gagné moins d'argent, sauf en 1987, que les diplômés des autres sciences sociales ou que tous les autres bacheliers. Deuxièmement, chaque enquête révèle qu'il y a, chez les diplômés en science politique, une moins bonne correspondance entre les compétences professionnelles requises et la formation scolaire. Troisièmement, dans les cinq enquêtes, les diplômés en science politique éprouvaient en général moins de satisfaction à l'égard de leur travail. Il ne s'agit là que de tendances et, sans une analyse complémentaire, il est difficile d'expliquer les causes. Toutefois, le tableau 4 sur l'évaluation globale que font les diplômés de leur programme d'études semble indiquer certains désavantages liés au baccalauréat en science politique. Ce qui frappe dans ce tableau, c'est que, pour toutes les années, les diplômés en science politique ont exprimé un degré de satisfaction moindre à l'égard de leur programme d'études que tous les autres diplômés. Entre 1984 et 1987, tous les diplômés affichaient une baisse de satisfaction à l'égard de leurs études, mais la diminution de satisfaction la plus marquée a été enregistrée chez les politologues. Entre 1988 et 1991, les diplômés en science politique affichaient la plus forte augmentation proportionnelle de satisfaction globale, mais cette satisfaction demeurait en deçà de celle des autres dans la cohorte. La différence en 1992 est significative.
Trois conclusions importantes peuvent être tirées de ces données. La première est que, dans le passé, la science politique peut avoir attiré des personnes qui auraient dû s¹orienter vers d¹autres disciplines. Une fois leur diplôme obtenu, ils se sont montrés moins satisfaits que les autres de leurs acquis universitaires. Demandez-vous sérieusement si la science politique correspond bien à vos intérêts intellectuels. Les études en science politique devraient vous attirer en soi. Indépendamment de ce qui arrivera plus tard, vous pourrez au moins vous dire que vos études universitaires vous ont intéressé.
Veuillez noter que le tableau 4 ne comprend pas les bacheliers en science politique qui ont poursuivi leurs études. S'ils étaient inclus, les taux de satisfaction grimperaient légèrement. Si l'on considère qu¹un nombre disproportionné de bacheliers en science politique ont tendance à poursuivre leurs études, vous devriez peut-être vous dire que pour tirer le meilleur parti de votre baccalauréat, il se peut que vous ayez à entreprendre des études supérieures. La deuxième conclusion est que si vous décidez de faire un baccalauréat en science politique, assurez-vous alors de vous bâtir un programme comprenant des cours d'appoint qui sauront enrichir votre bagage de compétences. Comme nous l'avons déjà mentionné, l'employeur qui vous engagera tiendra compte de tout ce que vous avez à offrir, pas seulement de votre diplôme universitaire; vous devriez aussi enrichir votre expérience en faisant, par exemple, du travail bénévole et en participant à des programmes coopératifs. Enfin, n¹oubliez pas que les résultats des Enquêtes nationales auprès des diplômés n'indiquent que des moyennes. Si les diplômés en science politique ont connu en moyenne des expériences moins heureuses que les autres diplômés, un grand nombre ont trouvé des emplois intéressants et bien rémunérés. Votre tâche est de faire ce qu'il faut pour aller rejoindre ce groupe.
Conseils généraux
Prenez aussi en considération les points suivants avant de vous lancer à la recherche d'un emploi.
- Inscrivez-vous à un atelier en orientation professionnelle ou encore un séminaire sur l'analyse des aptitudes et des intérêts professionnels ainsi que sur la rédaction d'un c.v. et l'art de passer une entrevue. Des cours de ce type peuvent ne pas vous convenir, selon votre âge, vos qualifications, votre expérience de travail et votre connaissance des techniques de recherche d'emploi. Si vous êtes débutant, ils vous seront sûrement fort utiles. Plusieurs universités offrent ces cours. Prenez garde aux services et conseillers en placement non gouvernementaux et non universitaires. Vérifiez s'ils ont bonne réputation auprès du Bureau d'éthique commerciale de votre région.
- Ce guide traite des possibilités d'emploi au Canada. Les intérêts et la formation de nombreux diplômés en science politique les pousseront plutôt vers la scène internationale. Jetez un coup d'oeil sur les programmes d'échange internationaux et les possibilités d'emploi outre.mer. Un bon guide de référence en la matière : Jean-Marc Hachey, The Canadian Guide to Working and Living Overseas: The Complete Guide for Entry Level and Seasoned Professionals (Ottawa, Intercultural Systems, 1995)
- Choisissez si possible vos emplois d'été en fonction de vos intérêts universitaires et de vos intérêts professionnels à long terme. Plusieurs universités offrent maintenant des programmes d'enseignement coopératif. Ces programmes sont plus longs à compléter que les programmes réguliers; ils permettent toutefois aux étudiants d'acquérir une expérience pertinente et de connaître des personnes qui pourraient leur être utiles plus tard lors de la recherche d'un emploi.
- N'oubliez pas que même si la science politique est votre champ principal d'études (surtout aux deuxième et troisième cycles), vous ne serez pas engagé uniquement comme politologue ou simplement à cause de votre éventail de qualifications professionnelles. Vous serez engagé, pour tout ce que vous êtes. Et, comme nous l'avons dit précédemment, vous êtes la somme de toutes vos expériences, qu'elles soient reliées ou non à l'emploi postulé. La poursuite exclusive des qualifications universitaires est malsaine (même au niveau du doctorat). N'hésitez pas à diversifier vos intérêts. Les arts, les sports, la littérature, la musique, le bénévolat, les activités hors programme contribuent tous à enrichir votre personnalité et à vous donner de la maturité. C'est ce qui, au bout du compte, ressortira de votre c.v. et de vos entrevues et vous soutiendra tout au long d'une carrière couronnée de succès.
- Gardez durant vos études autant de portes ouvertes que possible. Les étudiants . plus particulièrement ceux inscrits à la maîtrise et au doctorat . se voient offrir de temps à autre la possibilité de collaborer aux recherches d'un professeur ou de faire des travaux d'analyse à temps partiel pour des cabinets d'experts-conseils. Il faut faire attention : ces emplois souvent ne paient guère et vos obligations premières vont à vos études. Par contre, l'expérience peut valoir le coup, tout comme l'agrandissement de votre réseau. Ce qu'il faut retenir, c'est que vous devez éviter, durant vos études, de sauter sur tout ce qui passe; ne vous attardez qu'aux offres qui en valent vraiment la peine.
- Ce guide s'adresse à tous les diplômés en science politique. Jusqu'ici, tous les bacheliers en science politique qui n'ont pas poursuivi leurs études dans ce domaine ont toujours voulu se lancer dans des carrières en dehors des milieux d'enseignement. Le cas des titulaires d'une maîtrise et d'un doctorat est différent et certaines des statistiques d'Emploi.avenir soulèvent la question de l'utilité des études supérieures. Les titulaires d'un doctorat semblent se trouver un emploi plus facilement que les titulaires d'une maîtrise, mais la situation pourrait changer avec la baisse possible du nombre de postes d'enseignement dans les universités.
- Nous parlerons, dans les prochaines sections de ce guide, des secteurs d'emploi particulièrement susceptibles d'intéresser les politologues. La plupart des centres de placement universitaires distribuent les formulaires de demande d'emploi de l'Association canadienne des spécialistes en emploi et des employeurs (voir en annexe) et conservent en dossier les formulaires dûment remplies pour des employeurs éventuels. Le formulaire de l'ACSEE regroupe tous les renseignements essentiels : scolarité, expérience professionnelle, activités hors programme, objectifs de carrière et faits sur lesquels le candidat désire particulièrement attirer l'attention. Ce formulaire est considéré par de nombreux employeurs comme le seul qui vaille; les renseignements personnels que vous y inscrirez devront donc être complets et détaillés. L'ACSEE publie aussi annuellement . en août . une revue intitulée Options.carrières, qui est habituellement offerte gratuitement dans les centres d'emploi universitaires; elle contient des offres d'emploi et des articles.
- Comme le reste, la recherche d'emploi s'est informatisée au cours des dernières années. Il y a des cybergroupes de discussion sur les emplois sur Internet; le World Wide Web compte deux sites - la Career Mosaic et le Monster Board - où des emplois sont affichés. Le «On Line Career Centre» du Monster Board dresse la liste d'un certain nombre d'entreprises canadiennes; la tendance va tout probablement se poursuivre dans tous les sites électroniques. Un grand nombre de centres de placement et d'orientation universitaires publient leurs offres d'emploi à temps plein sur Internet. Tout le monde peut donc y avoir accès et ce, en tout temps. Il n'est pas toujours facile d'utiliser ces services électroniques; un «moteur de recherche» peut s'avérer fort utile. Si vous ne connaissez pas encore Internet, c'est une belle occasion d'apprendre.
Voici le conseil que j'aurais à donner à quelqu'un qui cherche un emploi : il n'est jamais trop tôt pour commencer à regarder ce qui est offert dans le secteur public comme dans le secteur privé afin de cerner les domaines qui vous intéressent. Après, identifiez dans ces domaines un certain nombre d'organismes et d¹entreprises et trouvez les noms des personnes clés avec qui vous devriez vous mettre en rapport. Envoyez des c.v., faites des appels, expliquez ce qui vous intéresse, suppliez les gens de vous accorder quelques minutes de leur temps ou de vous donner des conseils. Pour certains domaines, il existe des cours professionnels : le cours sur les valeurs mobilières au Canada ou le certificat en relations publiques, par exemple. Si vous ne pouvez trouver un emploi immédiatement, suivez un cours de ce genre pendant que vous continuez à chercher. C'est parfois utile de travailler bénévolement pendant une campagne électorale ou dans le cadre d'une campagne de collecte de fonds pour un organisme à but non lucratif. Cela permet de rencontrer des gens dans un domaine qui vous intéresse. Même chose pour un poste temporaire d'apprenti, même non rémunéré. Il faut simplement vous concentrer sur un objectif précis et ne pas lâcher. Votre patience sera un jour récompensée. Ancien fonctionnaire, expert-conseil
Carrières universitaires
Ce guide s'adresse surtout aux diplômés à la recherche d'emplois non universitaires; la présente section sera donc brève. Les titulaires d'un doctorat souhaitant poursuivre une carrière universitaire devraient plutôt demander conseil à leur directeur de recherche ou au directeur de leur département. Les candidats à la maîtrise qui envisagent de poursuivre leurs études au doctorat en vue de décrocher un poste universitaire devraient réfléchir sérieusement. La demande pour des postes de professeurs universitaires au Canada est languissante depuis une dizaine d'années et l'accroissement de la demande qu'on avait prévue ne s'est pas encore matérialisée. Selon un sondage effectué par l'Association canadienne de science politique sur l'offre et la demande en matière de postes de professeurs permanents de 1990 à 1995, il pourrait y avoir, pour chaque poste disponible, jusqu'à cinq candidats - quatre, selon le scénario le plus optimiste. Ces chiffres ne tiennent pas compte des postulants d'outre.mer. C'est dire à quel point la compétition pour chaque poste permanent d'enseignement sera féroce. De plus, il est pratiquement impossible de prévoir quelles spécialisations seront le plus en demande. Il n'y a donc pas moyen, quatre ou cinq ans avant votre entrée sur le marché du travail, de prévoir si votre spécialisation et votre sujet de thèse seront ou non pertinents.
Les conséquences sont claires : le marché est si restreint et la concurrence si vive que seuls les meilleurs (les 5 à 10 % supérieurs) devraient envisager une carrière universitaire. Gardez à l'esprit que même si vous êtes l'un de ceux.là, il n'y aura peut.être qu'une poignée de postes disponibles lorsque vous obtiendrez votre diplôme. Vous pourriez avoir à vous satisfaire d'un poste trimestriel ou d'une charge de cours, ou encore d'une succession de ces offres dans différentes institutions, avant de dénicher un poste menant à la permanence. Que pouvez.vous faire pour que le sort joue en votre faveur ?
- Choisissez soigneusement votre programme. Votre diplôme aura d'autant plus de poids s'il est décerné par un département et une université qui jouissent d'une réputation enviable. Votre choix devrait dépendre du domaine de recherche auquel se rattachera votre thèse et des chercheurs les plus connus dans ce domaine. Travaillez si possible avec l'un d'eux. <
- Sollicitez toutes les bourses et tous les prix auxquels vous êtes admissible. En cas de succès, ils vous assureront des subsides supplémentaires et témoigneront clairement de votre excellence universitaire. Il est fastidieux de remplir les formulaires de demande, mais ce faisant, vous apprendrez à mettre au point un plan de recherche. <
- Complétez vos études dans les délais prescrits. Les circonstances . personnelles ou autres . vous seront parfois défavorables, surtout si vous avez des enfants, mais vous inquiéterez les comités de recrutement si l'obtention de votre diplôme a pris trop de temps.
- Faites preuve de circonspection avant d'accepter tout poste d'assistant à l'enseignement. Il vous permettra, bien sûr, de gagner de l'argent et d'acquérir de l'expérience, mais vous aurez moins de temps à consacrer à votre recherche. Si votre budget le permet, n'acceptez durant vos études qu'un seul poste d'assistant à l'enseignement pour apprendre à noter les étudiants, et qu'une seule charge de cours pour développer votre habileté à préparer et à donner un cours.
- Choisissez soigneusement les congrès auxquels vous assistez et durant lesquels vous ferez une présentation. Vous devriez prendre part au congrès annuel de l'Association canadienne de science politique (ACSP) afin de vous familiariser avec les «rites tribaux» de la discipline. C'est probablement une perte de temps que de présenter une communication à ce stade, parce que vos recherches n'en sont encore qu'à leurs débuts. On voit à ce congrès trop de candidats au doctorat présenter des communications médiocres dans l'espoir que leurs efforts seront remarqués et que cela les aidera lorsqu'ils solliciteront un emploi. Une seule publication attirera davantage l'attention et le respect que plusieurs communications au congrès de l'ACSP. La stratégie la meilleure consiste à attendre que votre thèse soit presque terminée pour en tirer un article pour publication. Vous pourrez alors en présenter une version à des congrès annuels.
- Plusieurs candidats au doctorat cherchent un emploi avant d'être fin prêts. Ils acceptent des charges de cours en se disant qu'ils termineront leur thèse tout en enseignant. La chose est faisable bien sûr, mais difficile. Enseigner, surtout lorsqu'on donne un nouveau cours pour la première fois, demande beaucoup de temps et d'énergie, et la rédaction de la thèse s'en ressent. Dans la mesure du possible, défendez votre thèse au printemps ou au milieu de l'été. La version finale aura donc à être complétée pour la fin de l'automne ou le début de l'hiver; c'est à ce moment que vous commencerez à solliciter des emplois. Vous avez tout avantage à entreprendre votre carrière universitaire en étant libéré des obligations liées à la rédaction de votre thèse.
- Votre premier poste sera probablement un poste non permanent. Vous aurez habituellement environ trois ans pour faire vos preuves. Tenez.vous aussi loin que possible des comités et des obligations administratives, et élaborez votre stratégie de publication. Celle.ci devrait inclure la transformation de votre thèse en livre ou, au minimum, en une série d'articles ainsi que l'élaboration d'un nouveau programme de recherche d'environ trois ans qui débouchera à son tour sur la rédaction d'un ouvrage ou de plusieurs articles (la plupart des universités offrent un programme de bourses de recherche réservés aux nouveaux professeurs).
Le gouvernement fédéral
En dépit des importantes compressions annoncées dans le budget de 1995 et par le biais de l'examen des programmes, le gouvernement fédéral a encore l'intention d'employer des milliers de personnes. Des postes seront offerts à l'occasion, mais ils se feront plus rares et la compétition sera plus vive. Aux yeux des postulants, le gouvernement fédéral se subdivise en trois secteurs : 1) les sociétés d¹État et les agences gouvernementales, 2) la fonction publique, et 3) le Parlement.
Les sociétés d¹État et les agences gouvernementales
Le gouvernement fédéral a depuis longtemps privatisé en totalité ou en partie ses plus grosses sociétés d¹État (par ex. : Air Canada et Pétro.Canada) et tout indique qu'il a l'intention de transférer le plus possible au secteur privé un grand nombre de ses activités. Les agences qui continuent d'exister (comme la Commission canadienne des droits de la personne) ont vu leur effectif diminuer considérablement.
Il n'existe pas de fichier central des sociétés d¹État et des agences du gouvernement fédéral, qui d'ailleurs ne coordonnent pas leurs mécanismes de recrutement. À cet égard, elles sont semblables aux entreprises privées. Comme ces dernières, elles publient leurs offres d'emploi dans le cahier «Carrières et professions» des principaux quotidiens et visitent les campus universitaires pour combler leurs besoins en personnel. Un grand nombre des sociétés d¹État les plus en vue se retrouvent sur les listes des sociétés canadiennes et québécoises les plus importantes que dressent annuellement la revue Les Affaires, la revue Commerce, le Globe and Mail et le Financial Post. Ces listes font mention de la taille, des actifs, de la répartition des parts et parfois de la culture de ces sociétés. Si aucune offre d'emploi ne paraît dans votre journal et qu¹aucun recruteur ne se présente à votre campus, vous trouverez les adresses des sociétés de la Couronne et des agences gouvernementales dans le Canadian Almanac and Directory 1991, l'Annuaire du Canada 1990 (Annexe A) et le Corpus Administrative Index (Don Mills, publication trimestrielle). Vous pourrez ainsi écrire à leur service des ressources humaines pour recevoir leurs formulaires de demande d'emploi.
La fonction publique fédérale
Le gouvernement canadien emploie plusieurs milliers de personnes. Bien que certains postes supérieurs soient comblés par des candidats de l'extérieur, le gouvernement fédéral comble la majorité de ses postes vacants au moyen de concours internes. Les nouveaux postes sont pour la plupart des emplois de débutant. Cinq voies mènent présentement à un emploi dans la fonction publique fédérale : 1) les emplois d'été, 2) les formulaires généraux de demande d'emploi, 3) les concours universitaires, 4) les concours du Service extérieur canadien et 5) le programme de stagiaires en gestion.
Emplois d'été
Le principal programme de cette catégorie est le Programme fédéral d'emplois d'été pour étudiantes et étudiants (PFEÉÉ). Il remplace le Programme d'emplois d'été axés sur la carrière ou PEÉAC et les emplois qui ne faisaient pas partie du PEÉAC. La date limite pour soumettre sa demande d'emploi est le 15 février quoiqu'on incite les candidats à s'inscrire aussitôt que possible. Pour être admissible, il faut étudier à temps plein dans une université, un collège communautaire, un CEGEP, un institut de technologie ou une école secondaire et retourner aux études à temps plein à l'automne. Chaque demande est entrée dans un répertoire national; il y a trois critères de classification : emploi, qualifications et région. Les ministères recruteurs soumettent leurs requêtes au répertoire et votre demande peut alors être retenue. Les candidats indiquent leurs spécialisations à l'aide de codes préétablis. Il y a un code pour la science politique sous la catégorie «sciences sociales et humaines». Vous pouvez aussi songer à vous inscrire, selon votre spécialisation, sous plusieurs autres catégories telles «commerce» ou «communication». Vous ne pouvez toutefois indiquer qu'une seule spécialisation (deux, si votre programme d'études comprend deux majeures). (Voir une photocopie du formulaire de demande d'emploi dans l'annexe.)
Formulaire général de demande d'emploi
La Commission de la fonction publique dispose d'un formulaire général de demande d'emploi pour les postes auxquels on n'accède pas en s'inscrivant à un concours universitaire ou à un concours du Service extérieur. Ces demandes se divisent en deux catégories : celles menant à des postes scientifiques, professionnels, administratifs ou techniques (les demandes sont acheminées au bureau de la Commission de la fonction publique le plus proche) et celles débouchant sur des emplois de commis, de secrétaire et de gens de métier (ces demandes sont acheminées au Centre d'emploi du Canada le plus proche).
Si votre demande d'emploi est acceptée, elle est conservée dans un répertoire national informatisé des candidats et étudiée lorsqu'un poste exigeant vos qualifications devient vacant (voir en annexe une photocopie du formulaire.)
Recrutement postsecondaire
Les concours tenus annuellement par la Commission de la fonction publique permettent de combler une centaine de postes au sein des divers ministères du gouvernement canadien. Avec les compressions budgétaires annoncées en février 1995, seulement un certain nombre de ministères feront du recrutement. Il est préférable de téléphoner directement à la Commission de la fonction publique pour obtenir une liste de ces ministères.
Il s'agit de postes d'agents au niveau d'entrée (par ex.: conseiller à l'emploi, agent de sélection du personnel, agent d'immigration ou agent de recherche). Les concours ont lieu chaque année dans les villes universitaires, à peu près à la fin d'octobre. Pour vous présenter à l'un de ces concours, il faut remplir le formulaire Demande d'emploi . Recrutement postsecondaire de la Commission de la fonction publique. Vous devez aussi obtenir votre diplôme au plus tard en juin de l'année suivante.
Agent du Service extérieur canadien
Une version plus spécialisée du concours précédent sert à combler de 60 à 80 postes d'agent du Service extérieur. Les candidats retenus ont un intérêt marqué pour les affaires internationales. À tour de rôle, ils seront envoyés en mission à Ottawa et dans l'une des missions diplomatiques canadiennes à l'étranger. Votre santé doit être conforme aux exigences du poste, vous devez être prêt à accepter un poste n'importe où dans le monde, répondre aux critères vous donnant droit à une habilitation de sécurité et être bilingue (les cours sont fournis).
Les concours ont lieu, eux aussi, en octobre et les candidats doivent prévoir obtenir leur diplôme au plus tard en juin de l'année suivante. Dans le concours de 1994, la science politique figurait parmi les disciplines non admissibles. On ne sait pas encore au juste si cette exclusion sera maintenue. Veuillez vérifier auprès de la Commission de la fonction publique ou de votre Centre d'emploi le plus proche.
Le programme de stagiaires en gestion
La Commission de la fonction publique indique que ce programme a pour but d'«identifier les personnes en mesure d'exceller comme hauts gestionnaires dans la fonction publique fédérale». Les candidats doivent être titulaires d'une maîtrise décernée par une université reconnue. Une centaine de participants sont acceptés dans le programme chaque année. Ils y demeurent pour un maximum de cinq ans avant d'assumer un poste de gestion à temps plein dans la fonction publique. Pendant la durée du programme, les stagiaires reçoivent un salaire concurrentiel correspondant à leur statut d'employés à temps plein dans un groupe spécial de formation.
La lutte que se livrent les candidats à ce programme est très vive; seuls les meilleurs (identifiés par un processus de sélection en plusieurs phases) y sont admis. La formation qu'obtiennent les candidats, une fois qu'ils sont acceptés, comprend un cours sur le gouvernement canadien et une série d'affectations à Ottawa et dans les bureaux gouvernementaux régionaux. La période de formation est également ponctuée de séminaires et de cours spéciaux; un cadre supérieur de la fonction publique sert aussi de mentor à chaque stagiaire.
Le Parlement
Il y a actuellement 295 députés au Parlement et chacun peut à son gré recruter des assistants et le personnel dont il a besoin à Ottawa et dans son bureau de comté. Les amateurs de vraie politique trouveront fascinante cette expérience de travail. Il faut toutefois mentionner que le nombre de postes disponibles est évidemment peu élevé et que, dans ce milieu, le c.v. du candidat idéal devra probablement comprendre des services rendus au parti dont le député est membre (par ex. : campagnes électorales, service aux électeurs, adhésion à l'aile jeunesse du parti) ainsi que du travail bénévole dans des organismes communautaires ou autres.
Le travail au Parlement est exigeant et peu rémunérateur. On en fait rarement une carrière, mais l'expérience du milieu gouvernemental et les contacts qu'on y établit peuvent servir lors de recherches d'emploi subséquentes. L'éventail des tâches à remplir est vaste : elles vont de l'assistance générale au travail de recherche axé sur des questions intéressant le député. Le candidat peut avoir à travailler dans le comté, à rédiger des discours et à fournir un soutien logistique.
Assurez-vous de faire l'expérience de l'enseignement coopératif. J'ai engagé, au ministère fédéral où je travaille, de nombreux étudiants participant à ce type de programme. Comme j'aurais aimé à leur âge profiter d'une expérience sur le terrain comme celle.là!
Le gouvernement fédéral engage beaucoup moins de personnes ces temps-ci. Par contre, les meilleurs pourront entrer dans la fonction publique. Voyez à ce que votre programme d'études comprenne une solide formation dans les méthodes quantitatives, jumelée à des compétences en analyse de politiques, de préférence dans au moins deux domaines (par ex., politique micro-économique, politique sociale, relations internationales, etc.).
Haut fonctionnaire
Les gouvernements provinciaux
Plusieurs des questions soulevées dans la section précédente au sujet des possibilités d'emploi au fédéral s'appliquent aussi aux provinces. Il y a toutefois quelques différences importantes. D'abord, bien sûr, les possibilités d¹emploi et les méthodes d'embauche varient d'une province à l'autre, selon leur taille et leur richesse. Il faut donc en tenir compte, tout comme du fait que les employeurs provinciaux n'ont pas tous les mêmes besoins en personnel. Vous seriez probablement mal avisé d'envoyer tout simplement aux gouvernements provinciaux le c.v. que vous avez fait parvenir au gouvernement fédéral. Essayez plutôt d'adapter votre approche afin d'obtenir l'effet maximal.
Deuxième point : aucune province ne donne ouvertement la préférence à ses résidents, mais un grand nombre des postes de débutants et intermédiaires peuvent facilement passer inaperçus à moins que la province n'ait décidé de les annoncer à l'échelle nationale ou régionale. La solution consiste à consulter le cahier «Carrières et professions» des grands quotidiens de chaque province. Toute bonne bibliothèque universitaire est abonnée à la majorité d'entre eux, quoiqu'elle les reçoive habituellement plusieurs jours, sinon plusieurs semaines, en retard. Vous pouvez également consulter les offres d'emploi sur Internet. La plupart des gouvernements provinciaux publient aussi des bulletins faisant état des postes à combler dans la fonction publique, mais ces bulletins ne circulent ordinairement que dans la province. Si vous ne comptez pas quitter la province où vous résidez, feuilletez simplement les journaux, puisez dans votre réseau de relations et passez au bureau de placement provincial le plus proche. Vous en trouverez l'adresse et celle des autres bureaux ailleurs au Canada dans le Corpus Administrative Index (Don Mills, publication trimestrielle).
Troisièmement, les gouvernements provinciaux accordent probablement encore moins d'importance aux diplômes que le gouvernement fédéral. L'éventail des tâches dont s'acquittent les gouvernements provinciaux est plus restreint qu'à Ottawa et davantage axé sur la prestation des programmes. La santé, l'éducation et le secteur social représentent plus de la moitié des budgets provinciaux et une bonne partie du reste est consacrée à des programmes à vocation populaire. À Ottawa, les méthodes d'élaboration des politiques ont tendance à être plus abstraites, ne serait-ce que parce que ces politiques ont une portée nationale et qu'elles ne peuvent être trop sensibles aux caractéristiques purement locales ou régionales. Au niveau provincial, les méthodes d'élaboration des politiques sont plus immédiates. De plus, à l'exception du Québec et de l'Ontario, toutes les provinces ont une bureaucratie dont la taille se compare mal à celle d'Ottawa. Aussi les provinces sont-elles en mesure d'évaluer les compétences des candidats d'une manière plus concrète, en privilégiant davantage l'expérience et les réalisations que les diplômes. Il ne faut ni exagérer l'importance de ces facteurs, ni en faire abstraction. Autrement dit, un doctorat en science politique n'est pas nécessairement un atout décisif pour un candidat postulant pour un emploi au niveau provincial. L'expérience professionnelle décrite dans votre c.v. peut compter davantage que d'ordinaire, surtout si elle se rapporte à des questions de juridiction provinciale ou d'importance pour l'employeur éventuel.
Quatrièmement, ce que nous avons dit des nominations partisanes au fédéral demeure valable au niveau provincial. Seule une feuille de route politique éloquente vous permettra de travailler pour un député provincial (une occasion très rare, étant donné la taille relativement petite des parlements provinciaux). Inutile donc d'essayer de bonifier artificiellement cette feuille de route. Si vous faites déjà de la politique au niveau provincial, vous aurez la sagesse de vous tenir à l'affût des occasions qui se présentent. Celles.ci ne seront pas nécessairement de nature partisane. Vos activités dans un parti vous permettront de suivre de près des questions de politique et d'améliorer ainsi vos connaissances pratiques et votre réseau de relations. Bien utilisée, votre expérience politique constituera un atout valable dans votre recherche d'emploi.
Après ces conseils de nature générale, voici maintenant des descriptions de poste et des suggestions de politologues qui occupent actuellement des postes de cadre intermédiaire et supérieur au niveau provincial.
Témoignage n° 1 - Analyste financier et économique
L'emploi que j'occupe depuis plus de cinq ans est celui de directeur - analyse financière et économique. Je supervise le travail de trois employés à temps plein et de quelques occasionnels. Mes responsabilités sont les suivantes : a) les politiques relatives au secteur financier (sociétés de fiducie, caisses populaires, coordination intergouvernementale), ce qui comprend l'élaboration de nouvelles lois et de nouveaux règlements, le breffage des hauts fonctionnaires et du ministre, et la participation à des rencontres intergouvernementales; b) la documentation des emprunts de la province sur les marchés intérieurs et étrangers (rédaction de prospectus, réunions de concertation, contrats de prise ferme, arrêtés ministériels); c) l'étude de grands projets d'investissement, l'analyse des attributs financiers de projets du secteur privé et la formulation de recommandations.
Ma formation en science politique me fournit une vision globale du processus d'élaboration des politiques dans ma province et ailleurs. Elle m'aide tout particulièrement à comprendre le processus législatif, le processus intergouvernemental d'élaboration des politiques ainsi que la répartition des pouvoirs et ses effets importants sur les relations intergouvernementales. L'étude des divers aspects du système des partis aide de plus à mieux identifier les politiques que l'on pourra faire accepter au caucus et celles que celui-ci pourrait rejeter.
En général, je n'utilise pas ces compétences très fréquemment. Je ne dirais pas que ma formation m'a donné un avantage particulier pour le poste que j'occupe actuellement, pas plus d'ailleurs qu'elle me nuit. Il est certain qu'en période de changements politiques (voir l'incertitude actuelle sur le plan constitutionnel), on prête, je crois, de l'importance à mes opinions et ce, à cause de ma formation.
Je dirais aux politologues qui veulent faire carrière en dehors des milieux universitaires que leur spécialisation dans un domaine comme l'administration publique, les relations internationales, le comportement politique, la politique canadienne ou les partis politiques canadiens leur permettra probablement de décrocher un emploi intéressant. La clé du succès : identifier les questions d'actualité et être en mesure de les situer dans une perspective historique et dans le contexte actuel.
Témoignage n° 2 - Analyste en énergie et ressources
Au bac et par la suite, j'ai volontairement choisi d'étudier l'économie, plus particulièrement l'économie appliquée. Mes cours de finances publiques, d'économie régionale, d'économie des ressources naturelles et d'économie énergétique m'ont été particulièrement utiles. J'ai choisi aussi mes sujets de recherche en fonction des questions d'actualité dans le domaine des politiques publiques (par ex. : accords financiers entre le fédéral et les provinces, politique fédérale de la concurrence, politique provinciale en matière de ressources, disputes entre Ottawa et les provinces à propos de l'énergie).
L'esprit d'analyse que l'on développe à partir du deuxième cycle est très précieux. Il est important d'être en mesure de définir clairement un problème, d'identifier et d'approfondir les liens qui existent entre les variables en jeu et de faire la synthèse des informations et des idées. Il faut aussi savoir rédiger clairement. La concision est particulièrement importante. Un fonctionnaire adressant un mémo à un ministre doit pouvoir, en mois de deux pages, résumer un problème complexe et formuler des recommandations. Il est important également d'adopter une approche «oecuménique» dans la résolution des problèmes : le diplômé récent tend instinctivement à analyser les problèmes du point de vue de la science politique, mais il est utile de se rendre compte que le point de vue des économistes, des juristes et des autres professionnels peut être tout aussi pertinent, sinon plus, dans certains cas.
Je conseille aux politologues cherchant à faire carrière en dehors des milieux universitaires de suivre des cours en économie, en finance, en commerce et en gestion et de s'adonner à des activités à l'extérieur de la communauté universitaire afin de rencontrer des gens d'affaires et d'autres professionnels. Dans votre recherche d'emploi, n'oubliez pas de bien faire valoir votre esprit d'analyse, votre aptitude à résoudre des problèmes, vos talents de chercheur et votre aptitude à la communication écrite.
Je conseillerais plus spécialement aux femmes de se rappeler que rien ne compte plus que la compétence. Si le travail ne vous fait pas peur et que vous êtes compétente, la chance vous sourira toujours. Demeurez en contact étroit avec d'autres professionnelles . à votre travail et ailleurs - afin de tirer profit de leur expérience et de vous faire conseiller sur la façon de résoudre les problèmes qui vous confrontent. Si vous gardez l'impression que, malgré tous vos efforts, votre cheminement de carrière est bloqué et que vos chances de promotion sont minimes, alors préparez.vous à changer de carrière ou d'employeur.
Les administrations municipales
Le champ municipal n'a pas été une terre fertile pour les politologues par le passé. Trois raisons expliquent cette difficulté. D¹abord, le sous.champ de l'administration locale n'a pas reçu des étudiants l'attention qu'il mérite au Canada. La discipline produit donc un nombre relativement restreint de spécialistes en administration municipale (notez toutefois l'importance accordée à ce sujet dans des revues comme Administration publique du Canada). Deuxièmement, les municipalités préfèrent engager des diplômés en gestion ou encore des personnes ayant des diplômes et des certificats dans la gestion municipale. Troisièment, ce secteur, bien qu'important lorsque pris dans son ensemble, est constitué d'une multitude de petites villes offrant relativement peu de possibilités d'emploi. Seules quelques métropoles au Canada sont en mesure de proposer un éventail de postes semblable à celui que l'on retrouve au niveaux provincial et fédéral. Ajoutons à cela que la scène municipale est hétérogène et qu'il n'existe pas de fichier central pour les emplois.
Les administrations municipales peuvent toutefois offrir de fascinantes possibilités de carrière. C'est au niveau municipal que plusieurs services.clés (santé, enseignement, loisirs) sont offerts à la population, et le transport ainsi que les services d'infrastructure comptent pour une large part des activités de toute administration municipale. C'est aussi cette administration que les gens connaissent le mieux, ce qui pose des défis intéressants. Comme pour le niveau provincial, une bonne stratégie de recherche d'emploi consiste à sonder le marché en consultant les annonces des principaux journaux de la province. Souvenez.vous cependant que, contrairement aux gouvernements provinciaux qui paient parfois les frais de déplacement des candidats (s'ils ne demeurent pas trop loin et si le poste à combler est un poste supérieur ou stratégique), vous aurez probablement à payer de votre poche vos frais de déplacement si l'entrevue a lieu à l'extérieur de votre province. Vous trouverez dans le Canadian Almanac and Directory la liste et les adresses des principales municipalités canadiennes.
Pour faire face à vos concurrents (spécialistes de la planification et de l'administration municipale), vous devriez suivre quelques cours . ou vous spécialiser . dans le domaine de l'administration municipale. L'idéal serait une maîtrise en administration publique, avec une concentration en administration municipale, maîtrise étayée par des compétences en statistiques, en informatique, en finance, en méthodologie et en analyse de politiques. Gardez l'oeil ouvert. Il est clair qu'un grand nombre des responsabilités qui incombent présentement aux gouvernements fédéral et provinciaux appartiendront désormais aux municipalités, du moins aux aux plus importantes d'entre elles. C'est une possibilité dans le domaine de la réglementation de l'environnement touchant à la qualité de l'air, aux niveaux de bruit et à l'aménagement du territoire urbain. Les compétences et les connaissances liées à des domaines qui, à première vue, semblent ne pas concerner les municipalités (par ex., les questions de réglementation) pourraient bien se révéler fort utiles.
Les services d'experts-conseils et le secteur privé
Le diplôme en science politique a traditionnellement mené à la fonction publique et à la carrière de professeur. La situation actuelle de l'emploi dans la fonction publique et dans les universités semble toutefois indiquer qu'il est temps d'envisager d'autres avenues, particulièrement celles qu'offre le secteur privé. Le «secteur privé» regroupe les organismes à but lucratif et les organismes à but non lucratif. Dans la prochaine section, nous traiterons succinctement de l'une des composantes du secteur à but non lucratif : les groupes d'intérêt. Cette section.ci porte plus particulièrement sur les organismes clés du secteur à but lucratif : les cabinets d'experts.conseils, les sociétés de recherche et les compagnies privées. Les cabinets d'avocats en font aussi partie, mais nous n'en tiendrons pas compte ici parce que seuls les politologues avec un diplôme en droit peuvent y accéder. (Il est bon de rappeler toutefois que le droit a toujours attiré les diplômés en science politique. Le secteur juridique est, lui aussi, de plus en plus bondé, mais il offre encore diverses possibilités.)
Le secteur des services d'experts-conseils connaît une croissance rapide depuis les dix dernières années; la taille exacte de ce secteur et ses caractéristiques sont toutefois difficiles à mesurer. Les rapports annuels en vertu de la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes indiquent qu'il y a environ 1 000 lobbyistes/experts-conseils qui transigent avec Ottawa. Il n'existe aucun répertoire comparable dans les provinces, mais il doit aussi y avoir un grand nombre de lobbyistes/experts-conseils à ce niveau. L'éventail est vaste : des grandes sociétés d'experts.conseils en gestion aux petites boîtes où travaillent une ou deux personnes spécialisées dans un domaine politique donné. Les services de consultation pour lesquels la plupart des politologues sont qualifiés se divisent en trois catégories. La première est la recherche.sondage, qui inclut l'analyse des groupes témoins. La seconde est ce que nous pourrions grosso modo appeler les questions de réglementation, comme la politique pétrolière et gazière ou encore la politique financière. Le travail dans ce domaine requiert en général des compétences d'expert en économie, en finance et en gestion, ce qui n'est pas le cas des domaines comme la santé, l'environnement, la politique sociale et le développement international. La troisième est le lobbying. Ce domaine exige un vaste réseau de relations et une connaissance exhaustive du mode de fonctionnement d'une juridiction particulière.
Le problème avec la plupart des sociétés d'experts.conseils, c'est qu'elles préfèrent engager des personnes qui ont travaillé pour le gouvernement, dans une université ou pour d'autres sociétés d'experts.conseils. Comment alors percer dans ce milieu avec une maîtrise ou un doctorat tout neuf et aucune expérience ? Il existe plusieurs solutions possibles. On ne peut devenir consultant sans avoir un diplôme d'études supérieures; d'abord une maîtrise, puisqu'un doctorat pourrait faire de vous un candidat surqualifié (quoiqu'il pourrait être utile de faire votre doctorat une fois que vous aurez fait vos preuves). Vous devez surtout vous rappeler que les diplômes à eux seuls signifient peu de choses dans le monde des experts-conseils. Ironiquement, on n'envisagera même pas votre candidature si vous n'en avez pas, mais rares sont les cas où ils pèseront lourd. Le problème se réduit donc à trouver comment vous pourrez acquérir de l'expérience et quel type d'expérience vous sera le plus utile. Deux choses font toute la différence dans le monde de la consultation : de vastes connaissances spécialisées ou les gens que l'on connaît. Vous avez donc quelque chose à offrir si, après avoir travaillé pour le gouvernement pendant un certain temps, vous maîtrisez un domaine des politiques, ou encore, si vous connaissez les opérations gouvernementales et beaucoup de gens pour avoir travaillé pour un ministre ou un député. De bonnes bases en méthodologie de la recherche sont un atout de taille lors d'une recherche d'emploi auprès de sociétés d'experts.conseils du secteur privé. Vos vastes connaissances acquises à l'université dans un domaine spécialisé seront rarement un facteur décisif. Si le sujet de votre mémoire ou de votre thèse portait sur un aspect d'un problème contemporain relativement peu connu, mais suscitant beaucoup d'intérêt (par ex. : les méthodes de réglementation en matière d'environnement), vous pourriez peut.être alors faire directement le saut dans le secteur de la consultation. Évaluez cependant votre expérience avec réalisme. Posez.vous les questions suivantes : 1) mes recherches ont.elles des prolongements pratiques ?, 2) quelle est l'originalité du savoir que j'ai accumulé ?, et 3) quelle est la pertinence actuelle ou future de mes connaissances ?
Les possibilités d'emploi pour les politologues dans le secteur privé se sont multipliées ces dernières années, mais elles demeurent rares. Il y a tellement peu de renseignements disponibles là.dessus qu'il faut presque s'en tenir à des anecdotes. Selon toute vraisemblance, les politologues seront surtout recrutés pour des emplois dans le domaine des relations gouvernementales : ils seront ainsi appelés, par exemple, à surveiller l'évolution des politiques publiques à l'échelle régionale, canadienne ou internationale ou à participer aux démarches faites auprès d'organismes de réglementation et de la fonction publique. Seules les sociétés les plus importantes pourront se permettre d'engager un spécialiste des relations gouvernementales, et la plupart préféreront avoir recours à des cabinets d'avocats pour se tenir au courant de l'évolution des politiques et des règlements ayant une incidence sur leur domaine d'activité. D'autres politologues auront l'occasion de travailler dans le secteur privé à l'évaluation des répercussions sociales. Certaines entreprises (dans les domaines de l'exploitation des ressources, de l'élimination des déchets et du transport, par exemple) ont des effets directs et visibles sur certaines communautés et doivent effectuer des évaluations de l'impact social et les joindre aux énoncés des incidences environnementales avant que leurs projets ne puissent recevoir l'aval des autorités compétentes. Ces évaluations de l'impact social exigent souvent des compétences dans des domaines que connaissent les politologues, tels les techniques d'entrevue et les sondages d'opinion.
Comment dénicher un emploi dans ce secteur ? Les occasions se font rares et les avocats, les diplômés en administration, les planificateurs, les sociologues et les économistes livrent une concurrence féroce. Vous devez comprendre que, exception faite des cas mentionnés plus haut, vos diplômes ne vous permettront pas à eux seuls de décrocher un emploi. Vous ne pouvez tout simplement pas passer directement de vos études universitaires à la consultation. La poursuite d'une carrière dans le secteur privé exige réflexion stratégique et planification à long terme. Si vous êtes toujours aux études, voyez si vous pouvez adapter votre sujet de thèse pour lui donner des prolongements pratiques. Travaillez avec des professeurs qui acceptent des contrats de recherche, ce qui vous permettra de vous familiariser avec ce genre de boulot (il y a un monde entre la recherche universitaire et la recherche sous contrat pour le gouvernement ou l'entreprise privée). Obtenez une solide formation dans les domaines suivants : opérations gouvernementales, politiques, administration publique, économie et méthodologie de la recherche. Une bonne source de renseignements sur le secteur de la consultation est l'Association canadienne des conseillers en administration (121, rue Bloor est, bureau 815, Toronto, Ontario, M4W 3M5, tél. : 416 963.9172). Vous pouvez aussi consulter le Répertoire des sociétés canadiennes d'experts.conseils en gestion (Ottawa, publié annuellement; aussi connu sous le nom de RADAR, puisqu'il est publié par le Réseau d'approvisionnement et de débouchés d'affaires du ministère fédéral de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie). Pour une analyse du secteur au jour le jour, lisez The Lobby Monitor.
Une autre avenue qui peut mener au secteur privé est la création de son propre emploi. De plus en plus depuis le début des années 1990, les gens se font dire qu'ils doivent s'attendre à avoir plusieurs carrières et même plusieurs emplois simultanément. Les chances de décrocher un emploi pour la vie au sein d'une grande entreprise se font évanescentes. Une solution consiste à créer son propre emploi dans des créneaux en développement. Cette initiative aura de meilleures chances de succès si vous avez une certaine expérience pratique. Dans cette perspective, il peut valoir la peine d'accepter un emploi à temps partiel et peu rémunéré pendant une courte période, en faisant par exemple de la recherche pour un journal, un cabinet d'experts-conseils, une société de sondage ou un organisme communautaire. Les nombreuses personnes que vous rencontrerez et l'expérience que vous acquerrez dans un travail bénévole pourront aussi vous servir lors de la création de votre propre emploi.
Les groupes d'intérêt
Comme dans le secteur de la consultation, le nombre de groupes d'intérêt a augmenté de façon marquée au cours de la dernière décennie. Bien que cela ait généré de nouveaux débouchés potentiels pour les diplômés en science politique, ceux-ci en ont très peu profité. Plusieurs raisons expliquent cet état de choses. Premièrement, on a surtout vu se multiplier les groupes de défense de l'intérêt public ou les groupes de pression. Un grand nombre de ces organismes comptent sur des subsides gouvernementaux ou sur les frais d'adhésion versés par un petit nombre de membres. Ces groupes n'ont donc pas assez d'argent pour recruter de nombreux employés. Quelques.unes des associations de ce type les plus importantes au Canada sont gérées par un nombre étonnamment restreint de personnes : un conseil d¹administration, un directeur général et parfois trois ou quatre employés de soutien tout au plus. Les groupes de ce genre comptent beaucoup sur le bénévolat. Deuxièmement, exception faite d'une poignée d'organismes de plus grande taille, la plupart des groupes d'intérêt ont une structure de gestion horizontale; les possibilités d'avancement y sont restreintes. Les meilleurs postes sont comblés par des gens qui tiennent à leur emploi. Il y a donc rarement de postes vacants. Troisièmement, ce secteur subit ces dernières années le contrecoup des compressions budgétaires des gouvernements.
Il y a toutefois au Canada des milliers d'associations qui s'occupent de questions nationales, provinciales et internationales. Leur taille et leur sphère d'activités varient. On trouve de tout, depuis les chambres de commerce et les syndicats aux groupes pacifistes, environnementalistes ou féministes. Certains visent à fournir des services particuliers à leurs membres; d'autres se limitent presque exclusivement à des activités de lobbying et de revendication. Pour vous rendre compte de la diversité de ces organismes, consultez le Répertoire des associations du Canada (Toronto, publié annuellement) et l'Encyclopedia of Associations: International Organizations (Detroit, publié annuellement). Vous y retrouverez, pour chaque association, le nombre de membres, le nombre d'employés et la description de ses activités. La plupart des associations et des groupes énumérés dans ces publications traitent, à un moment ou l'autre, avec le gouvernement. C'est ce qui donne au diplômé en science politique une longueur d'avance sur ses concurrents économistes ou sociologues.
Le travail d'un employé débutant au sein des groupes d'intérêt est le plus souvent associé au domaine de l'étude des politiques. Une certaine connaissance des techniques de sondage peut être utile, mais cela n'a rien à voir avec les connaissances plus spécialisées qui sont exigées dans le secteur privé et le secteur public, puisque la plupart des groupes d'intérêt ne peuvent se permettre des sondages de grande envergure. Ces groupes sont toutefois en quête de chercheurs capables d'interpréter les données issues des sondages effectués par d'autres. L'étude des politiques requiert différentes compétences, dont une familiarité avec les publications gouvernementales, une certaine connaissance des grandes tendances au sein de nombreux secteurs politiques connexes et une sensibilisation aux aspects techniques de l'élaboration, de la mise en place et de l'évaluation des politiques. Elle requiert aussi une aptitude à évaluer l'ensemble des arguments qui ont cours dans un secteur politique donné afin de déceler les points forts et les points faibles de cette argumentation. Une aptitude à communiquer, surtout par écrit, et ce même sous pression, est essentielle. Comme pour le secteur de la consultation et le secteur privé, le travail pour un groupe d'intérêt revêt une forme partisane. Pour cette raison, vous devriez être relativement à l'aise avec le programme du groupe avant d'y solliciter un emploi.
Je travaille actuellement comme coordonnateur des politiques et des communications pour une Chambre de commerce qui compte 850 entreprises membres. La Chambre est très active dans le secteur des politiques et forme un groupe de pression reconnu. La plupart de mes études portent sur les théories de la gauche. Mon principal travail de recherche au cours de mes études de maîtrise était axé sur Chomsky. Chomsky fournit une excellente critique et une excellente description de la coercition idéologique à laquelle ont recours les entreprises et les groupes de pression pour atteindre leurs fins. Je me sers de ce que j'ai appris de Chomsky pour élaborer et mettre en place une stratégie à long terme pour la Chambre. Je suis ici depuis deux ans et je suis maintenant reconnu par les médias locaux, provinciaux et nationaux comme une personne-ressource pour les questions commerciales et gouvernementales qui ont une incidence sur ma localité. Je n'aurais pas pu atteindre ce but sans ma formation en science politique.
Mon conseil du jour est d'obtenir un exemplaire de SOURCES, qu'on trouve dans toute salle de presse ou à l'université. On y retrouve une bonne partie des groupes de pression reconnus ou des entreprises qui ont un service de relations gouvernementales ainsi que les noms des principales personnes avec qui se mettre en rapport. Mettez la main aussi sur tous les répertoires de services publics. Vous y verrez les noms de personnes clés et toutes les entreprises de lobbying enregistrées. À ma connaissance, ces sociétés offrent parfois des postes de chercheur débutant. C'est une excellente façon de commencer!
Lobbyiste
Derniers conseils
Trouver le bon emploi et la bonne carrière est l'un des choix les plus importants de votre vie. Consacrez à cette recherche le temps qu'elle mérite. Ce guide devrait pouvoir servir de point de départ parce qu'il tient compte de la formation et des intérêts des politologues. Consultez d'autres sources, parlez à des personnes expérimentées et inscrivez-vous aux cours et aux ateliers que vous jugez utiles. Vous pouvez utiliser des douzaines de techniques et de stratégies différentes, presque toutes ont leur valeur. C'est un lieu commun, mais il demeure vrai : si vous cherchez un emploi diligemment et systématiquement, vous en trouverez un.
Nous avons tenté, dans ce guide, de regrouper les conseils sous diverses rubriques. Certains méritent toutefois d'être répétés :
- Il faut se connaître, bien savoir quelles sont nos compétences.
- Il vous faut bien identifier le genre de travail que vous avez vraiment envie de faire.
- Les affaires publiques et le journalisme, même si nous n'en avons pas parlé explicitement dans ce guide, sont des avenues qui peuvent intéresser les politologues. Il n'y a pas de différence essentielle entre les affaires publiques et les relations gouvernementales : dans les deux cas, on travaille pour des groupes d'intérêt et des compagnies privées. Le journalisme, particulièrement le journalisme écrit, offre des possibilités intéressantes pour les politologues parce que les questions politiques occupent une grande part du journalisme contemporain. Si les politologues ont ici l'avantage de connaître le sujet à fond, ils devront toutefois perfectionner leur plume.
- N'ayez pas peur de «zigzaguer», pour reprendre l'expression de quelqu'un à qui l'on demandait ce qu'il conseillerait aux jeunes politologues. Toutes les carrières non universitaires ou presque que vous pourriez envisager exigent une certaine expérience. C'est donc dire que tout ce que vous pourrez faire pour en acquérir vous sera un jour utile.
- Selon un autre répondant, vous ne devriez jamais dire que vous ne ferez jamais carrière en dehors du milieu universitaire. En fait, il semble que les personnes qui font carrière dans le monde «non universitaire» enseignent aussi à temps partiel, font de la recherche universitaire, rédigent des articles et assistent à des congrès. En fait, le lien avec la discipline est rarement coupé.
Le mot de la fin revient à un diplômé en science politique qui a réussi :
«Ma carrière jusqu'ici a pris une orientation politique, centrée sur les affaires publiques et les relations publiques. J'utilise non seulement les compétences que j'ai développées durant mes études en science politique, mais aussi une partie du savoir qu'on m'a transmis, ce qui surprendra sans doute tout étudiant de science po qui lira ces lignes!
Mes compétences, je n'aurais pas pu les développer si je n'avais passé de longues heures, pendant mes années d'études, à faire des recherches à la bibliothèque, à rédiger ce qui semblait être une suite interminable d'essais et à préparer des séances de travaux pratiques pour le difficile public que formaient mes compagnons de classe. Mes études en science politique m'ont donné l'occasion de développer mon esprit d'analyse et de m'en servir pour évaluer et formuler des politiques publiques. Mes études m'ont aussi permis de perfectionner mon aptitude à la communication orale et écrite.
Le savoir que j'ai acquis durant mes études s'est révélé utile dans mon travail. Les cours que j'ai suivis au bac sur les politiques fédérales et provinciales m'ont appris comment fonctionne le processus législatif et, plus particulièrement, comment le législateur et les groupes de pression peuvent l'influencer. Mes études en administration publique m'ont aidé à comprendre le rôle du fonctionnaire dans la création et la gestion d'une politique publique. Finalement, j'ai appris, grâce à mes études en relations internationales, comment la situation socio.économique internationale influe sur le processus politique canadien.»
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