Association canadienne de science politique
English Version  
Vous êtes ici . .Accueil » Au sujet de l'ACSP » Éthique de la recherche » La recherche par sondage

 

Liens d’intérêt

» Contacts
» Départements de science politique
» Programme de stage parlementaire
» Programme de stages à l'Assemblée
législative de l'Ontario

» Éthique de la recherche

Éthique de la recherche
La recherche par sondage et l’éthique de la recherche

La recherche par sondage est un volet très important de la recherche en science politique. Il y a eu une Étude sur l’élection canadienne soutenue par des universitaires et principalement financée par le CRSH à chaque élection depuis 1965. Des travaux de moindre envergure sont fréquemment effectués dans le contexte des élections provinciales. La recherche par sondage est également importante dans le contexte de la citoyenneté multiculturelle ; citons par exemple l’Étude sur l’égalité, la sécurité et la communauté financée dans le cadre du Programme des grands travaux de recherche concertée (GTRC). La recherche par sondage revêt en outre une importance grandissante pour la recherche sur les politiques, surtout pour l’analyse systématique du discours et des processus d’élaboration.

1. Contact : Presque toutes les recherches par sondage depuis le milieu des années 1980 se font par téléphone bien que le Web gagne du terrain à cet égard. Les sondages téléphoniques au hasard créent inévitablement une intrusion dans les foyers, ce qui pourrait déplaire à certains comités d’éthique de la recherche. Il est parfois suggéré d’envoyer au préalable une lettre d’avertissement aux répondants, mais cette façon de faire augmente le coût de la recherche et affecte l’échantillon.

2. Consentement : Le modèle biomédical tend à requérir un consentement écrit en bonne et due forme. C’est impossible dans le contexte d’une enquête téléphonique. Il est raisonnable de demander le texte de « l’entrée en matière » de l’entrevue (l’élément le plus important qui comprend une indication claire de l’identité du commanditaire) et les textes des réponses aux questions raisonnables (par ex., qui finance la recherche ou combien de temps durera l’entrevue). L’important à retenir pour les enquêtes téléphoniques, c’est qu’il est très difficile de forcer quelqu’un à répondre aux questions. Les répondants potentiels n’hésitent d’ailleurs pas à refuser, comme l’attestent les taux de refus. La situation est bien moins coercitive que dans le cas, par exemple, d’un bassin de sujets dans un département de psychologie ou une entrevue face à face à domicile.

3. Contenu : Les questions relatives au contenu devraient, pour une large part, être couvertes par des énoncés de consentement bien conçus. Les répondants ne devraient pas être piégés d’une manière sournoise. Les intérêts clés de la recherche dictent habituellement que l’on introduise avec doigté des questions potentiellement délicates. Ici encore, les répondants n’hésitent pas à refuser de participer à l’entrevue, voire même à y mettre fin abruptement. Les comités d’éthique de la recherche ne devraient pas se voir comme des censeurs. Le consentement est l’objet essentiel sur lequel ils doivent se pencher.

4. Confidentialité : C’est là un aspect qui peut s’avérer fort important. La firme ou l’institution qui effectue le sondage colligera des renseignements, dont le numéro de téléphone et, d’ordinaire, le prénom du répondant, qui doivent demeurer strictement confidentiels. Il faut aussi protéger tous les indicateurs démographiques et de lieu afin de veiller à ce qu’un tiers zélé ne puisse pas produire un vecteur de caractéristiques permettant d’identifier un répondant en particulier. Il peut être nécessaire dans le cadre d’une recherche donnée de recueillir tous ces renseignements. Et il peut s’avérer tout aussi nécessaire de masquer une partie d’entre eux dans une version publique de l’ensemble des données et de mettre les données individuelles brutes derrière un « mur », qu’un analyste secondaire ne pourrait franchir qu’en signant un engagement de confidentialité.

5. Rétention des données : Certains comités d’éthique de la recherche ne comprennent pas bien cette question et demandent comment on empêchera le public d’avoir accès aux données et comment celles-ci seront détruites en bout de ligne. Le CRSH exige exactement le contraire, notamment que les données (une fois l’anonymat assuré, s’il y a lieu) deviennent la propriété de la communauté des chercheurs et ce, dans des délais appropriés. De plus en plus les chercheurs analysent des fichiers fusionnés provenant de diverses sources, car un grand nombre des ensembles de données d’enquête deviennent plus précieux au fil du temps lorsque la répétition des sondages devient possible. Les Études sur l’élection canadienne en sont un excellent exemple.