Ateliers


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ATELIER 1
ATELIER CONJOINT

SUJET
Pas juste parce que nous sommes en 2019 : politique intersectionnelle dans la nouvelle ère Trudeau

ORGANISATEURS
Alana Cattapan (coresponsable de la section Femmes, genre et politique – Saskatchewan)
JP Lewis
(responsable de la section Politique canadienne – New Brunswick-Saint John)
Ethel Tungohan
(responsable de la section Race, ethnicité, peuples autochtones et politique – York)

Lorsque le premier ministre Justin Trudeau s'est fait demander pourquoi il avait pris la décision d'assurer la parité hommes-femmes dans son cabinet, il a répondu : « Parce que nous sommes en 2015. » Le temps est venu maintenant de nous pencher sur la politique intersectionnelle dans la nouvelle ère Trudeau. Depuis la dernière élection, d'importants engagements ont été pris en matière d'égalité hommes-femmes, de réconciliation avec les peuples autochtones et de politiques d'immigration plus justes. À preuve : le réinvestissement dans Condition féminine Canada et l'allocation de fonds à des organisations féminines, de nouveaux investissements à venir pour des initiatives avec les communautés autochtones et des modifications aux politiques d'immigration actuelles visant à assurer le respect des engagements du Canada en matière de droits de la personne. Crédits budgétaires, multiplication des consultations et propositions législatives, ce sont là autant de promesses de changement significatif.

En matière de changement, la ligne entre la rhétorique et la réalité est très fine; elle est d'autant plus floue s'il y a des fonds à venir et des programmes en voie d'être (re)mis en place. Des critiques de divers côtés se sont fait entendre. Des militants de la base, par exemple, font état des expériences d'iniquité vécues de façon continue au cours de l'ère Trudeau par des communautés marginalisées tandis que des universitaires signalent les limites du gouvernement Trudeau quant à sa capacité de modifier les politiques en place en raison de la rigidité de ces dernières. Ces interlocuteurs ont indiqué que les initiatives prises manifestent un intérêt de pure forme pour des engagements en matière de justice sociale et qu'elles ne changent pas fondamentalement les inégalités structurelles existantes. Dans ce contexte, les efforts actuels pour consulter et faire participer le public semblent paradoxaux : ils légitiment les orientations des politiques déjà établies, les fonds promis étant versés avec réticence et ne faisant pas grand-chose pour changer la dynamique du statu quo.

Cet atelier a pour but de questionner le bilan embryonnaire du gouvernement Trudeau et d'identifier des façons judicieuses de traiter à partir de maintenant les questions de genre, d'indigénéité, de race et de « diversité ». Nous souhaitons recueillir un vaste éventail de points de vue, entre autres, sur le genre et la représentation politique, l'analyse de politiques en matière d'intersectionnalité, les politiques autochtones ainsi que la race et l'immigration. Nous invitons des panelistes à réfléchir aux questions suivantes (sans pour autant s'y limiter) :

  1. L'ère Trudeau correspond-elle à un nouveau moment historique signalant un tournant « féministe » en politique canadienne?
  2. Comment peut-on « mesurer » les réalisations féministes de ce gouvernement?
  3. À quel point l'approche du gouvernement actuel est-elle « intersectionnelle » et comment pourrait-elle être encore meilleure?
  4. D'un point de vue féministe, comment évaluer le bilan du gouvernement Trudeau dans des secteurs de politiques précis (par ex., indigénéité et réconciliation, immigration, changement climatique)?
  5. Quelles facettes d'une analyse féministe et intersectionnelle peuvent s'appliquer à des problèmes de politiques actuels en vue de mieux mobiliser les parties touchées?


ATELIER 2

SUJET
Le paysage juridique canadien dans l'ère post-McLachlin

ORGANISATRICE
Stéphanie Chouinard
(responsable de la section Droit et analyse de politiques – RMC)

À la fin de 2017, la juge en chef Beverly McLachlin de la Cour suprême du Canada a pris sa retraite. Aucun autre juge en chef n'a siégé aussi longtemps. Quel héritage laisse-elle à la Cour suprême? Quelle orientation a-t-elle donnée au droit canadien? À quel genre de changements pouvons-nous nous attendre de la part du nouveau juge en chef, Richard Wagner?


ATELIER 3

SUJET
La Loi sur les langues officielles 50 ans plus tard : quelle est la prochaine étape pour le régime linguistique canadien?

ORGANISATRICE
Stéphanie Chouinard (responsable de la section Droit et analyse de politiques – RMC)

La Loi sur les langues officielles, dans sa version initiale, a été adoptée en 1969. Cette loi quasi-constitutionnelle a connu quelques transformations depuis, mais le consensus aujourd'hui est qu'une révision s'impose de toute urgence. Cet atelier portera sur les points forts et les lacunes de cette loi; les propositions actuelles pour sa refonte et les possibilités qu'elle offre pour le régime linguistique canadien y seront en outre analysées.


ATELIER 4

SUJET
Économie politique et réchauffement de la planète

ORGANISATEUR:
Andrew Biro (responsable de la section Économie politique – Acadia)

Anthropocène, planète à effet de serre, « Eaarth » (Bill McKibben), « The Long Emergency » (James Howard Kunstler), ce ne sont là que quelques termes évoquant notre transition vers un monde nouveau et plus chaud, fondamentalement refaçonné à l'échelle planétaire par l'activité humaine.

Les grandes questions que cet atelier cherchera à explorer sont :

  1. Comment l'économie politique contribue-t-elle à faire comprendre ce processus de transition et/ou la nouvelle configuration planétaire dans laquelle nous entrons?
  2. Comment l'économie politique elle-même, un domaine développé dans et pour un climat plus stable, doit-elle s'adapter à ce nouvel environnement?

Pour cet atelier, nous souhaitons des propositions de tables rondes ou de communications portant sur de vastes questions, notamment :

  • économie politique et atténuation du climat, impacts ou adaptations climatiques à l'échelle locale, régionale, mondiale;
  • économie politique de la science (climatologie, stratigraphie, etc.);
  • perspectives pour une gouvernance mondiale et/ou une souveraineté planétaire dans l'Anthropocène;
  • sujets politiques dans le post-Holocène;
  • luttes pour une souveraineté autochtone et/ou justice climatique;
  • critiques du concept de l'« Anthropocène »;
  • l'(im)possibilité d'un bon Anthropocène;
  • migration climatique, frontières, souveraineté;
  • économies politiques des nouveaux tribalismes : populisme contemporain et fiction spéculative dystopique.


ATELIER 5
ATELIER CONJOINT

SUJET
Le marketing insidieux en politique et dans politiques publiques

ORGANISATEURS
Andrew Biro
(responsable de la section Économie politique – Acadia)
Stéphanie Chouinard
(responsable de la section Droit et analyse de politiques – RMC)
Meghan Joy
(responsable de la section Politique locale et urbaine – Concordia)

En 2008, un blogue intitulé « À vélo citoyens » a servi à promouvoir le cyclisme à Montréal. Apparemment créé par trois cyclistes – Mélanie Gomez, Jean-Michel Simoneau et Pénélope Riopelle –, il fut par la suite révélé que le blogue était le fruit d'une agence de marketing à qui on avait confié le mandat de promouvoir ce qui était à l'époque le nouveau programme de vélos en libre-service (Bixi) et que les trois bloggeurs étaient des personnages fictifs imaginés par l'agence.

Au cours des élections municipales de 2010 à Toronto, l'équipe de la campagne de celui qui était alors le maire, Rob Ford, a créé un compte Twitter au nom d'une certaine Karen Philby (@queensquaykaren), une femme qui disait avoir « perdu confiance » dans l'adversaire de Ford et comprendre de mieux en mieux ce qui faisait « l'attrait de Ford ». Lorsque l'origine du compte a été dévoilée, l'équipe de Ford a rejeté du revers de la main les critiques en laissant entendre que ce genre de compte était monnaie courante lors des campagnes électorales.

Voilà deux exemples d'initiatives prises pour réorienter le discours public ou obtenir l'appui à des idées faisant la promotion d'intérêts politiques ou commerciaux. Ces pratiques de « marketing insidieux » – les faux blogues, la création de faux comptes de médias sociaux et la mise sur pied de fausses organisations communautaires, par exemple – ont pour effet d'amener la population et les décideurs politiques à croire à tort que certaines approches et certains programmes bénéficient d'un large soutien alors qu'il en existe peu, voire aucun. Ces pratiques peuvent être observées pour un vaste éventail de sujets et divers niveaux de gouvernement parce qu'elles font partie des campagnes de lobbying et de publicité courantes des entreprises pharmaceutiques, de l'industrie des télécommunications, des compagnies de tabac et du secteur de l'énergie, pour ne citer que ces exemples.

Dans cet atelier, on se demandera comment des intérêts politiques et économiques sont mobilisés pour perturber et influencer indûment la politique et les politiques publiques. Nous nous intéressons tout particulièrement aux pratiques de « marketing insidieux » et à la façon dont le lobbying de nos jours pourrait (et a pu) être conçu dans un sens plus large, mais nous sommes aussi ouverts à un plus vaste éventail de sujets et approches connexes (par ex., défis méthodologiques, théorie et études de cas).


ATELIER 6
ATELIER À MULTIPLES PANELS

SUJET
Les partenariats public-privé au niveau sous-national au Canada (et ailleurs)

ORGANISATEUR
Joseph Garcea (responsable de la section Politique provinciale et territoriale au Canada et ailleurs – Saskatchewan)

Les partenariats public-privé (P3) sont omniprésents dans la plupart, voire l'ensemble, des sphères de la politique et de l'économie canadiennes aux niveaux national et sous-national. Cela comprend les P3 dans lesquels les gouvernements provinciaux et territoriaux sont impliqués directement ou indirectement. En dépit de leur importance grandissante en tant qu'instruments en matières de politiques et de programmes, la plupart des universitaires, des décideurs politiques, des contribuables et des électeurs n'ont pas une connaissance approfondie de la raison de la mise sur pied de ces P3, ni de leur mode de gouvernance, de gestion, de financement et de fonctionnement. Cet atelier à multiples panels vise en premier lieu à mieux sensibiliser les politologues aux P3 afin qu'ils s'y intéressent davantage et qu'ils les comprennent mieux. Il a aussi pour but d'inciter les participants à réfléchir à diverses facettes importantes des P3, lesquelles méritent une plus grande place dans leurs programmes de recherche respectifs et dans leur enseignement.

Nous espérons que les auteurs des propositions pour cet atelier à multiples panels garderont en tête non seulement le thème du Congrès des sciences humaines 2019 (« Cercles de conversation »), mais aussi celui du congrès de l'ACSP (« La politique autrement; parler franc, parler vrai »). Compte tenu de ces deux thèmes, voici une bonne occasion pour les politologues de participer à des « cercles de conversation »pour « parler franc et vrai » avec les gens, et pas seulement avec les puissants, surtout avec ceux qui préfèrent rester cois plutôt que d'échanger sur divers sujets, dont les P3.

Axe principal des panels de l'atelier

La série de panels sur le thème des P3 couvre plusieurs questions générales :

  • points de vue théoriques et thématiques sur de grands enjeux, comme l'économie politique des P3; la gouvernance à multiples niveaux et ses implications pour les P3; la gouvernance des P3; la gestion des P3; les questions juridiques relatives aux P3; les questions financières relatives aux P3; les points de vue sur les modèles, le potentiel et les problèmes des P3;
  • points de vue sur les rôles des gouvernements provinciaux comme médiateurs entre le gouvernement fédéral et les divers types de gouvernements et autorités au niveau régional et local dans la création et le fonctionnement des P3;
  • politiques et politique en matière de P3 dans les provinces et territoires;
  • politiques et politique en matière de P3 impliquant les communautés des Premières Nations;
  • points de vue sur les politiques et la politique en matière de P3 dans divers secteurs majeurs (par ex., éducation, santé, fourniture d'infrastructures, prestation de services communautaires et prestation de services dans le secteur de la justice);
  • points de vue sur les politiques et la politique en matière de P3 impliquant des gouvernements sous-nationaux dans d'autres pays.


ATELIER 7

SUJET
Profils de continuité/changement et de convergence/divergence dans les provinces et territoires

ORGANISATEUR
Joseph Garcea (responsable de la section Politique provinciale et territoriale au Canada et ailleurs – Saskatchewan)

Cet atelier comprend deux panels ayant deux objectifs différents, mais connexes. L'objectif du premier panel est de fournir un survol et une analyse des élections dans n'importe quelle province ou n'importe quel territoire du Canada. L'objectif du deuxième panel est de fournir un survol et une analyse de n'importe quelle initiative importante en matière de politiques entreprise dans une province ou dans un territoire.

La question commune centrale de cet atelier est la suivante : dans quelle mesure les événements politiques et les initiatives en matière de politiques révèlent-ils des profils de continuité ou de changement et/ou de convergence ou de divergence?

Voilà une question qui tombe à point dans des contextes politico-économiques complexes et en évolution rapide. Ces contextes comprennent non seulement des dimensions idéologiques et normatives, mais aussi économiques et fiscales. Parmi les dimensions idéologiques et normatives figurent divers amalgames de socialisme, de néoconservatisme et de ce qui est décrit comme « la troisième voie », auxquels s'ajoutent le libertarianisme et le communautarisme ainsi que le populisme de gauche et de droite. Les dimensions économiques et fiscales comprennent les interrelations entre les fluctuations des conditions économiques et les fluctuations des pressions et capacités fiscales. Dans cet atelier, on se demandera dans quelle mesure ces facteurs et d'autres encore influencent les élections et les politiques dans les différents territoires et provinces.

Axe principal des panels de l'atelier

Le panel sur les élections provinciales et territoriales portera essentiellement sur les programmes, les discours et la dynamique des partis ainsi que sur les résultats de diverses élections. Les élections au cours de la période de 2014 à mai 2019 présentent un intérêt tout particulier. Les communications peuvent être centrées sur une élection ou plusieurs dans une province ou dans un territoire.

Le panel sur les politiques provinciales et territoriales portera surtout sur les buts, le contenu essentiel et les instruments de ces politiques ainsi que sur les processus d'élaboration des politiques et la dynamique de ces processus. Les communications peuvent être centrées sur une initiative donnée en matière de politiques dans une juridiction donnée ou sur les mêmes types d'initiatives dans deux juridictions ou plus.

En dépit de ces axes différents, le thème fédérateur de ces deux panels est le suivant : l'existence de profils (a) de continuité ou de changement ou (b) de convergence ou de divergence. Dans le cadre de ce thème, les panélistes devraient se pencher sur ces profils (a) au sein d'une même juridiction ou (b) au sein de plusieurs juridictions, selon ce qui est le plus approprié et important pour leur communication.


ATELIER 8

SUJET
La politique autrement : parler franc, parler vrai dans l'administration publique

ORGANISATEUR
Jean-François Savard (responsable de la section Administration publique de l'ACSP/ACPAP – ÉNAP)

La section Administration publique de l'ACSP/ACPAP vous invite à soumettre une proposition de communication ou de panel pour le congrès annuel de 2019. Dans le droit fil du thème général de cette année, La politique autrement : parler franc, parler vrai, la section est en quête de communications sur des recherches proposant un angle différent sur des politiques publiques et la gestion publique. Nous vous incitons ainsi à soumettre des communications qui s'interrogent quant au bien-fondé de concepts qui font autorité tels que le succès et l'efficience des politiques, la transparence, la diversité et l'inclusion, la participation publique, etc. Quelles sont les faces cachées de l'implantation et de la mise à l'essai de ces concepts? Pourraient-elles être utilisées pour masquer les échecs des gouvernements ou des administrations publiques?

La politique autrement fait aussi référence au recours à des méthodologies de recherche nouvelles ou améliorées. Comment allons-nous étudier l'administration publique dans les cinq à vingt prochaines années? Quel sera le rôle des mégadonnées et de l'intelligence artificielle? Comment des méthodologies qualitatives et quantitatives pourront-elles être utilisées différemment avec tous les nouveaux outils qui font maintenant leur apparition? Quel impact l'éthique de la recherche aura-t-elle sur l'élaboration de nouvelles méthodologies?

L'administration publique canadienne a toujours été inspirée par deux mots d'ordre fort simples : Donner l'heure juste aux autorités et Conseils courageux et loyauté dans l'exécution. Savoie (1999) ainsi que Juillet et Rasmussen (2008) soutiennent que l'un des principes de notre administration publique est sa loyauté envers le gouvernement. Les fonctionnaires disent la vérité aux détenteurs du pouvoir en leur prodiguant des conseils courageux, mais, une fois qu'une décision est prise, l'administration publique la met en œuvre fidèlement (osons-nous le dire, aveuglément). À la lumière des rapports récents critiquant la gestion du gouvernement fédéral, on peut se poser la question : ce modèle est-il encore viable ou non? Les fonctionnaires peuvent-ils encore donner des conseils courageux? Leur principale préoccupation est-elle de plaire au gouvernement et de se voir offrir une promotion? Y a-t-il une culture de la peur au sein de l'administration publique? Les enjeux politiques devenant de plus en plus complexes et exigeant une vaste expertise, les fonctionnaires (qui sont les experts) doivent-ils mettre en place fidèlement les décisions du gouvernement ou ont-ils une plus grande responsabilité envers le public? Est-il temps maintenant de remettre en question ce modèle plus que centenaire et de se demander comme l'administration publique peut parler franc?

Ce ne sont là que quelques pistes de réflexion s'inscrivant dans le thème La politique autrement : parler franc, parler vrai. Toute idée pouvant se raccrocher à ce thème est bienvenue. La section aimerait aussi recevoir des propositions de communication ou de panel reliées à l'administration publique, mais ne faisant pas pour autant explicitement référence au thème général de cette année.


ATELIER 9
ATELIER CONJOINT

SUJET
Faire face à l'adversité: pour des pratiques de recherche et d'enseignement socialement engagées

ORGANISATRICES
Karen Murray
(responsable de la section Enseignement et pratique professionnelle – York)
Ethel Tungohan
(responsable de la section Race, ethnicité, peuples autochtones et politique – York)

Cet atelier a pour but d'examiner la recherche et l'enseignement socialement engagés à une époque cruciale et sans précédent. Nous traversons maintenant sans aucun doute une période de haine, comme en fait foi la montée de la droite alternative et d'autres forces qui sympathisent avec les idéologies de l'extrême-droite, comme l'islamophobie, la misogynie, la xénophobie, la transphobie et la suprématie blanche, toutes interreliées de diverses façons à travers des amalgames impérialistes, colonialistes, capitalistes et militaires. Toutes ces dynamiques traversent de multiples strates – familles, voisinages, villes, pays et milieux internationaux et transnationaux – et sont façonnées par elles.

Recherche socialement engagée, « public scholarship », recherche activiste et recherche-action s'imposent de plus en plus depuis les dernières décennies. Un nombre accru de chercheurs commencent à souscrire à l'idée que la recherche universitaire et les connaissances devraient servir non seulement à l'élaboration de théories, mais aussi profiter aux personnes dont les vies forment la base de ces théories. Certains estiment que les compétences universitaires devraient avoir pour but de créer un monde plus juste. Que ce soit à titre d'intellectuels publics, d'élus, d' organisateurs de groupes communautaires ou de chercheurs activistes, les universitaires commencent à voir la nécessité de s'engager vis-à-vis du « public » dans leur travail.

Nous avons constaté ces dynamiques au cours d'événements politiques récents, qu'il s'agisse par exemple de la déportation et de la surveillance accrues des immigrants racisés aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada et dans d'autres pays occidentaux qui accueillent des immigrants, de l'intensification de la dépossession des autochtones de leurs terres, laquelle a entraîné des protestations aux États-Unis et au Canada, ou de l'incarcération continue de personnes autochtones ou faisant partie de groupes minoritaires racisés – autant de faits qui ont incité de nombreux universitaires à utiliser leur expertise pour contester ces politiques. Des universitaires ont joué un rôle important dans l'orientation des débats et se sont adonnés à différentes formes d'activisme politique – de l'action directe à la participation à des mouvements sociaux.

Quoi qu'il en soit, la recherche et l'enseignement socialement engagés nécessitent des approches épistémologiques, méthodologiques et pédagogiques qui s'écartent des approches positivistes dominantes en science politique. Certains politologues peuvent juger que ces approches alternatives sont risquées, surtout dans un contexte de pressions néolibérales à l'intérieur du système universitaire.

Dans cet atelier, les participants seront invités à réfléchir à la promesse de la recherche engagée en science politiques en répondant, entre autres, à ces questions :

  1. Sur quels penseurs nous basons-nous pour étayer la recherche et l'enseignement socialement engagés?
  2. Comment des universitaires concilient-ils leurs recherches et leur activisme?
  3. Comment diverses méthodes, méthodologies et sources de données (par ex., ethnographie, observation participante, archives communautaires, etc.) sont-elles mises à profit dans des recherches socialement engagées?
  4. À quoi ressemble un enseignement socialement engagé? Quels exemples peut-on donner de pédagogies novatrices qui incitent les étudiants à être attentifs aux événements politiques, que ce soit dans leur ville ou sur la scène internationale? Est-ce possible d'emmener les étudiants sur le terrain – en les faisant marcher dans les rues de leur ville, par exemple?
  5. Comment des universitaires peuvent-ils s'engager auprès de la « communauté » d'une manière équitable et éthique et en tenant compte des différences de pouvoir inhérentes? Comment des universitaires peuvent-ils redonner à la communauté d'une manière concrète et significative?
  6. Est-ce que certains types de projets conviennent mieux que d'autres à des modèles de recherche socialement engagée; si tel est le cas, pourquoi et comment?
  7. Comment traite-t-on des questions éthiques lors d'une collaboration avec des mouvements communautaires (par ex., mouvements pro-immigration, mouvements antiracistes, mouvements autochtones)?
  8. Comment pourrait-on utiliser d'autres sources de connaissances et techniques de transposition (film, par exemple) pour élargir et diversifier ce qui peut être considéré comme des données (archives communautaires, auto-ethnographie, etc.)?

En mettant en lumière des façons novatrices d'envisager le rôle des universitaires dans l'engagement social, cet atelier vise à promouvoir de nouvelles recherches et de nouveaux programmes de sensibilisation.


ATELIER 10
PRÉCONGRÈS D'UN JOUR (3 JUIN 2019) – LES FEMMES DANS LE PROGRAMME DE LEADERSHIP EN SCIENCE POLITIQUE

« Les femmes dans le Programme de leadership en science politique » du précongrès de l'ACSP, qui se déroulera le jour avant le début officiel du congrès de l'ACSP, consistera en divers ateliers animés par des chercheuses débutantes et chevronnées qui traiteront, entre autres, de la conciliation travail/vie personnelle, des parcours au sein du monde universitaire, du combat contre l'absence de diversité dans la discipline de la science politique et de l'activisme chez les chercheuses.

Aucun appel à résumés en bonne et due forme n'est lancé. Le programme est ouvert à toutes les femmes et personnes s'identifiant comme femmes inscrites au congrès de l'ACSP bien qu'un nombre limité de participantes puisse être imposé en fonction de la capacité de la salle. D'autres détails seront fournis ultérieurement.


ORGANISATRICES
Alana Cattapan (coresponsable de la section Femmes, genre et politique – Saskatchewan)
Ethel Tungohan
(responsable de la section Race, ethnicité, peuples autochtones et politique – York)
Sarah Wiebe
(coresponsable de la section Femmes, genre et politique – Hawaï)

Les femmes représentent 40.9% des membres de l'Association canadienne de science politique (Abu-Laban, Sawer et St. Laurent, 2017: 7). Pourtant celles-ci sont encore sous-représentées dans les postes de leadership. L'ACSP n'a eu que 11 présidentes depuis sa création en 1912 (Ibid: 9). En dépit de l'important chemin parcouru pour répondre aux doléances concernant les déséquilibres de pouvoir et d'influence liés au genre et à la diversité – notamment par la mise en place de la section Femmes et politique en 2000 – l'absence d'équité entre les hommes et les femmes au sein de la profession continue à être un sujet très préoccupant. Chaque année, les échanges dans le cadre des ateliers de la section Femmes, genre et politique révèlent que de nombreuses politologues sont aux prises avec de la discrimination fondée sur le sexe : par exemple, rémunération moindre, discrimination liée aux critères utilisés pour l'octroi d'une promotion ou d'un poste menant à la permanence (évaluations de l'enseignement par les étudiants, indices de citations, etc.), harcèlement sexuel ou agression sexuelle.

La situation est encore plus déplorable pour les femmes autochtones ou de couleur. Bien que l'ACSP ne collige pas de données ventilées en fonction du sexe, de l'appartenance à un groupe ou nation autochtone ou à un groupe minoritaire racisé, les expériences des femmes racialisées et autochtones au sein de la profession ont été documentées par des chercheuses comme Malinda Smith, qui, dans l'ouvrage retentissant qu'elle a co-écrit, « The Equity Myth », met en lumière comment des initiatives en matière de diversité n'ont guère réussi à améliorer les conditions de travail au quotidien des universitaires autochtones et racialisées (Kobayashi et coll. : 2017).

L'objectif de ce Programme de leadership d'une journée, qui fera partie du précongrès 2019 de l'ACSP et qui se déroulera le 3 juin 2019, est de fournir aux politologues féminins un espace bien à elles où elles pourront tisser des liens et identifier des façons d'améliorer les situations des femmes, notamment des femmes bisexuelles de couleur, au sein du monde universitaire. En offrant divers ateliers reliés au perfectionnement professionnel (options de carrière, recherche, enseignement et parcours universitaire, par exemple) et à la conciliation travail-vie personnelle (être parent et occuper un poste d'enseignement, travailler comme chercheuse-activiste), ce Programme de leadership donnera aux universitaires débutantes, en milieu de carrière et chevronnées l'occasion d'apprendre les unes des autres. Les professeures en début de carrière auront aussi la possibilité d'être jumelées à des mentores d'expérience qui ont des intérêts de recherche similaires et qui pourront « démystifier » les tenants et aboutissements de la science politique.

À noter svp : Il s'agit d'un atelier précongrès; il aura lieu la veille du congrès annuel 2019 de l'ACSP.

Références :
Abu-Laban, Yasmeen, Marian Sawer and Mathieu St. Laurent (2017). IPSA Gender and Diversity Monitoring Report. 

Kobayashi, Audrey, Car James, Enakshi Dua, Frances Henry, Howard Ramos, Malinda S. Smith and Peter Li (2017). The Equity Myth: Racialization and Indigneity in Canadian Universities. Vancouver, BC: UBC Press.


ATELIER 11
ATELIER CONJOINT
TABLES RONDES

SUJET
Enseigner et apprendre après la Commission de vérité et réconciliation

ORGANISATRICES
Karen Murray (responsable de la section Enseignement et pratique professionnelle – York)
Ethel Tungohan
(responsable de la section Race, ethnicité, peuples autochtones et politique – York)

Après des décennies d'efforts de la part d'autochtones, y compris de chercheurs autochtones, en vue de mettre en lumière les problèmes reliés aux pensionnats et aux systèmes d'éducation coloniaux, les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation ont aussi braqué les projecteurs sur l'éducation. Par contre, ces appels à l'action parlent peu du rôle des éducateurs eux-mêmes en tant qu'acteurs indépendants. Or, peu importe comment les gouvernements ou les administrateurs des universités pourraient répondre à la CVR, ce sont les éducateurs et les apprenants eux-mêmes qui, d'une façon ou d'une autre, joueront un rôle déterminant au sein des établissements d'enseignement dans le contexte post-CVR.

En complément des appels à une refonte immédiate des pratiques de recrutement et d'octroi de postes menant à la permanence dans les université afin de remédier aux iniquités subies par les autochtones et les groupes marginalisés en général, ces tables rondes visent à créer, à l'intention des enseignants et des apprenants, un espace où réfléchir à leurs rôles à la suite de la CVR. L'invitation est lancée à tous les étudiants diplômés et à tous les professeurs, peu importe le stade de leur carrière. Bien que nous nous situions dans le contexte de la science politique, nous accueillerons avec plaisir les propositions se rattachant à d'autres disciplines en provenance de chercheurs autochtones ou issus du colonialisme de peuplement.

Le but premier de ces rondes tables est d'encourager la réflexion, le dialogue et la collaboration en lien avec des questions comme :

  1. Qu'exigez-vous de vous-mêmes, en tant qu'enseignants et apprenants, à la suite de la CVR?
  2. Comment composons-nous avec le fait que, comme membres de la communauté universitaire canadienne, nous faisons partie d'un système impliqué dans diverses formes de violence à l'encontre des peuples autochtones, incluant les sévices subis dans les pensionnats?
  3. Comment nous positionnons-nous en cette période de vaste transformation dans le monde de l'éducation?
  4. Comment les chercheurs issus du colonialisme de peuplement confrontent-ils leur ignorance et répondent-ils au besoin de trouver d'autres outils intellectuels?
  5. Comment les chercheurs issus du colonialisme de peuplement modifient-ils leur curriculum et leurs approches pédagogiques?
  6. Que pourrions-nous apprendre (ou qu'avons-nous appris) par le bais de collaborations, notamment entre différentes disciplines? Dans cas des chercheurs issus du colonialisme de peuplement, qu'avons-nous appris ou que pourrions-nous apprendre en nous associant avec des collègues autochtones au sein de l'université et avec des communautés autochtones à l'extérieur de l'université?
  7. Quels sont certains des défis et des possibilités de solidarité à l'intérieur de l'université coloniale et au-delà?
  8. Quels soutiens nous aideraient dans nos efforts personnels et collectifs?
  9. Comment pouvons-nous favoriser des pratiques de recrutement visant à augmenter le nombre d'autochtones et de représentants de groupes marginalisés dans les postes menant à la permanence?
  10. Comment maintenir ces conversations et ces engagements?

Cette liste de questions n'est pas exhaustive. Nous souhaitons donc aussi recevoir des propositions sur d'autres questions portant sur l'enseignement et l'apprentissage après la CVR.


INSTRUCTIONS POUR L'INSCRIPTION À L'ATELIER 11 SEULEMENT

Les tables rondes de l'atelier 11 réuniront au moins quatre participants.
Les communications en bonne et due forme ne sont pas exigées à l'avance.
Nous espérons accorder une place à quiconque se dit intéressé à participer.
Prière d'envoyer à Karen Murray à murrayk@yorku.ca ET Ethel Tungohan à tungohan@yorku.ca un courriel comprenant vos prénom et nom, votre établissement d'attache ainsi qu'un résumé provisoire de 100 à 150 mots décrivant ce sur quoi vous avez l'intention de parler.
Cette information nous aidera à former les panels.
Comme nous l'avons indiqué précédemment, nous ne nous attendons pas à ce que vous prépariez une communication formelle.




ATELIER 12

SUJET
Les expériences en science politique

ORGANISATEURS
Ruth Dassonneville (Responsible de la section Comportement politique / Sociologie politique - Montréal)
Eline de Rooij (Simon Fraser)
Jason Roy (Wilfrid Laurier)

Les expériences, qu'elles soient menées en laboratoire, sur le terrain ou dans le cadre d'un sondage, sont de plus en populaires en science politique. Des études expérimentales récentes ont porté sur diverses questions, y compris comment fournir des services à la population, comment améliorer la représentation des femmes en politique, comment lutter contre les préjugés et quel est l'impact de la négativité sur les préférences politiques et la participation à la vie politique.

Les expériences, qu'elles soient menées en laboratoire, sur le terrain ou dans le cadre d'un sondage, sont de plus en populaires en science politique. Des études expérimentales récentes ont porté sur diverses questions, y compris comment fournir des services à la population, comment améliorer la représentation des femmes en politique, comment lutter contre les préjugés et quel est l'impact de la négativité sur les préférences politiques et la participation à la vie politique.

Thèmes possibles pour cette table ronde :

  • Les expériences sur la mobilisation et la persuasion : la modification du comportement politique et de l'opinion publique
  • Les expériences sur les préjugés des groupes : l'analyse des relations intergroupes et la lutte contre les préjugés
  • Les expériences à propos des médias : l'analyse de l'impact des messages des médias sur les attitudes
  • Les expériences en matière de politiques publiques et de développement économique : l'évaluation de l'efficacité d'interventions ciblées en matière de politiques
  • Les expériences en matière d'institutions politiques : la conception d'institutions plus efficaces
  • Les avancées de la méthodologie expérimentale