Ateliers


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Atelier 1 - ACSP/ACPAP Section sur l’administration publique : La science et les politiques publiques à l’ère des “faits alternatifs”
Organisateurs: Patrick Fafard (Université d’Ottawa) et Luc Juillet (Université d’Ottawa)

Quel est le rôle de la science dans la formulation des politiques publiques aujourd’hui? Depuis des décennies, les gouvernements s’engagent à appuyer la recherche scientifique ainsi qu’à utiliser les fruits de cette recherche dans la formulation des politiques publiques. Pourtant, en pratique, ils font souvent un usage limité de la science. De plus, à droite (e.g. les changements climatiques) comme à gauche (e.g. les OGM) de l’échiquier politique, les connaissances scientifiques sont souvent remises en question dans les débats publics, y compris par des acteurs qui s’hésitent pas à les présenter de façon frauduleuse afin d’avancer leurs intérêts. De plus, au cours des dernières années, l’organisation du conseil scientifique informant les processus décisionnels, la réforme des politiques appuyant la recherche ainsi que le rôle et la liberté de parole des scientifiques travaillant au sein des administrations publiques ont tous fait l’objet de débats vigoureux et controversés. Finalement, dans les milieux universitaires autant que politiques, l’usage des données probantes dans la formulation des politiques (evidence-based policy) continue d’être réclamé, critiqué et, plus rarement, évalué.

Dans ce contexte, cet atelier vise à regrouper une série de panels et de présentations sur les divers enjeux où se croisent la science, la politique, l’administration et les politiques publiques. Nous souhaitons recevoir des propositions offrant des perspectives diverses. Les propositions peuvent notamment porter sur les sujets suivants :

  • La nature et l’usage des données probantes dans la formulation des politiques
  • L’organisation du conseil scientifique dans les administrations publiques
  • L’usage de la science par les acteurs non-étatiques cherchant à influencer les politiques
  • Consultation publique, opinion publique et connaissances scientifiques
  • Les politiques publiques appuyant la recherche scientifique
  • La gestion du risque et de l’incertitude scientifique dans la prise de décision


Atelier 2 - ACSP/ACPAP Section sur l’administration publique : L’innovation dans le design des politiques: Le paternalisme bienveillant (nudging) et au-delà
Organisateurs: Michael Howlett (Simon Fraser University/Lee Kuan Yew School, National University of Singapore) et Jeremy Rayner (Johnson Shoyama School)

Les politiques publiques sont en partie un effort par les gouvernements de modifier les comportements afin d’atteindre des objectifs publics. Bien que certaines politiques soient le fruit de décisions peu réfléchies, la plupart d’entre elles sont le produit d’un design conscient postulant un lien précis entre les moyens utilisés et les fins souhaitées. La recherche sur les politiques publiques présente plusieurs « principes de design » sensés représenter de bonnes pratiques, dont un bon nombre s’attarde au lien critique entre le choix des instruments et l’atteinte des résultats souhaités, et tire des leçons des échecs et des succès observés.

Cet atelier vise à faire avancer le débat sur le design des politiques publiques en se concentrant sur deux enjeux contemporains dans ce domaine. Le premier concerne le phénomène de la combinaison de plusieurs instruments de façon à s’attaquer à des problèmes particulièrement complexes, voire inextricables. Abandonnant la « règle de Tinbergen » d’un instrument par objectif, ces design cherchent à déployer une combinaison d’instruments se renforçant mutuellement sur une longue période. Le deuxième enjeu concerne l’expansion dramatique des instruments à la disposition des décideurs, dont plusieurs demeurent méconnus et dont les effets sont encore peu documentés. Ces nouveaux instruments découlent notamment des enseignements de l’économie comportementale et de la psychologie cognitive (nudges) ou encore des possibilités offertes par les nouvelles techniques d’analyse de données (data analytics) et par l’apprentissage social.

Nous proposons un atelier d’une journée et nous souhaitons recevoir des propositions touchant aux thèmes suivants, qui pourraient faire l’objet de panels :

  1. Nouvelles tendances dans le design des politiques : théorie et pratique
  2. La combinaison des instruments : design et évaluation
  3. Temps et espace : l’horizon temporel et territorial du design de politiques
  4. Les nouveaux instruments et leurs effets sur le design des politiques


Atelier 3 - REPAR Section : Refus, résistance et résurgence
Organisatrice : Debra Thompson (University of Oregon)

À la suite des élections américaines de 2016, le mot-clic « RESIST » est devenu le mantra des progressistes autoproclamés. Les concepts de résistance, de refus et de résurgence ne sont toutefois rien de nouveau pour les peuples autochtones, les minorités racialisées et d’autres populations marginalisées et vulnérables. Les mouvements Idle No More, #NoDAPL et Black Lives Matter ont été les importants prédécesseurs de ce plus récent appel à la « résistance », leur vision d’une politique de gauche étant souvent plus radicale, anticoloniale et antiraciste face aux institutions politiques et groupes sociaux coloniaux, patriarcaux, capitalistes et adeptes de la suprématie blanche qui ont vu le jour bien avant l’arrivée au pouvoir du 45e président des États-Unis.

Cet atelier a pour objectif d’explorer d’un point de vue théorique et pratique l’insubordination sous ses formes les plus courantes face à la domination? La résistance est-elle seulement rhétorique? Les communautés racialisées et marginalisées devraient-elles s’opposer ou souscrire aux courants de résistance en vue? Est-ce possible pour les communautés marginalisées de créer des solidarités? Comment la résistance, le refus et la résurgence font-elles partie d’actions politiques plus vastes et comment peuvent-elles être une politique en soi? Quels sont les dangers auxquels font face les universitaires quand ils remettent en question les structures de la domination et les restrictions connexes dans leurs recherches et dans leurs classes? Est-ce possible ou même désirable de devenir ingouvernable?

Nous souhaitons recevoir des propositions provenant d’un vaste éventail de points de vue , incluant ceux qui privilégient le transnationalisme, les solidarités interraciales, la pédagogie anticoloniale et antiraciste, les méthodes de recherche réflexives et la connexion entre la théorie et la mobilisation citoyenne.


Atelier 4 - Section ACSP/ISA-Canada sur les relations internationales : Le perfectionnement professionnel en RI : de la classe à Twitter
Organisatrices : Stéfanie von Hlatky (Queen’s) et Nicole Wegner (Saskatchewan)

Les pratiques professionnelles exemplaires pour les nouveaux chercheurs suscitent de plus en plus d’intérêt, qu’il suffise de penser aux ateliers comme Journeys et aux blogues comme The Professor Is In. Dans le domaine des relations internationales, il est essentiel de savoir comment élargir son réseau professionnel et multiplier les canaux de diffusion de ses recherches pour diversifier ses sources de connaissances et tisser des liens avec des chercheurs sous-représentés. Les réseaux anglo-saxons masculins sont les principaux groupes de collaboration dans le domaine et il est important pour les RI de renforcer la diffusion des connaissances et les échanges au-delà des clubs bien établis. Cet atelier a pour objectif de promouvoir des stratégies qui favorisent un réseautage inclusif et le perfectionnement professionnel. Bien que le format soit destiné aux étudiants diplômés, aux chercheurs-boursiers de niveau postdoctoral et aux nouveaux professeurs, nous sommes en quête de brefs exposés ciblés, donnés par des chercheurs de tous les niveaux, sur les thèmes suivants (sans pourtant s’y limiter) :
(1) la diffusion internationale des recherches dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux;
(2) l’engagement des universitaires-praticiens : comment diversifier les réseaux politiques sur la scène mondiale;
(3) les moyens de surmonter l’écart entre les sexes dans les publications et les références en RI;
(4) le développement d’un syllabus inclusif pour les cours de premier cycle et des cycles supérieures en RI, en analyse de politiques étrangères et en études de la sécurité;
(5) le mentorat et le réseautage dans la profession, la prochaine génération de l’Association des études internationales, de l’Association canadienne de science politique, de Women in International Security et d’autres associations professionnelles.


Atelier 5 – Section CPSA/ISA-Canada sur les relations internationales : L’indigénéité dans les relations internationales et la politique étrangère
Organisatrices : Nicole Wegner (Saskatchewan) et Stéfanie von Hlatky (Queen’s)

En dépit d’abondantes littératures en relations internationales et en politique étrangère, la politique et les points de vue autochtones ont largement été exclus de ces champs d’étude et sont souvent classifiés comme des questions d’ordre intérieur plutôt que des enjeux inter-nationaux. L’absence des voix et points de vue autochtones dans les RI sur l’indigénéité a seulement récemment retenu l’attention, comme en témoigne l’émergence d’un sous-domaine, modeste mais en croissance, sur les façons dont les peuples autochtones ont fait l’expérience de la vie politique à travers les systèmes de l’impérialisme et du colonialisme partout dans le monde. Dans l’étude des RI comme dans celle de la politique étrangère, le rôle central de l’État, construit à l’image des frontières et de la souveraineté westphaliennes, fait l’objet d’une acceptation généralisée. La conséquence : les voix du quart-monde sont inaudibles au cœur des études en relations internationales et en politique étrangère. Cet atelier a pour but d’explorer des points de vue sur l’indigénéité ainsi que les points de vue et politiques autochtones en lien avec le domaine des relations internationales et de la politique étrangère. Les organisatrices de l’atelier sont à la recherche de panels et d’exposés sur les thèmes suivants, sans pour autant s’y limiter :
(1) la politique autochtone et « ce qui compte » comme politique étrangère légitime ou relations inter-nationales;
(2) le colonialisme de peuplement et/dans la politique étrangère canadienne;
(3) les politiques et stratégies inter-nationales genrées, incluant l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, l’(in)attention à la violence sexualisée, l’(in)attention aux politiques de génocide culturel;
(4) les diplomaties et les relations internationales autochtones historiques et contemporaines;
(5) la réconciliation politique au sein et au-delà des frontières étatiques et la politique du quart-monde;
(6) les relations fondées sur des traités en relations internationales et en politique étrangère;
(7) les stratégies de développement inter-nationales ou autochtones (incluant le développement des ressources) et le colonialisme au Canada;
(8) la souveraineté de l’Arctique et des autochtones.


Atelier 6 – Politique comparée et comportement politique : Les expériences en science politique
Organisateurs : Eline de Rooij (Simon Fraser University) et Jason Roy (Wilfrid Laurier University)

Les expériences – en laboratoire, sur le terrain ou dans le cadre d’un sondage – connaissent une popularité croissante en science politique. De récentes études expérimentales ont porté sur toutes sortes de questions : par exemple, comment fournir des services à la population, comment améliorer la représentation politique des femmes ou encore comment réduire les préjugés et l’impact de la négativité sur les préférences et la participation en politique.
Cet atelier vise à réunir des chercheurs représentant un vaste éventail de domaines clés au sein desquels ils utilisent des expériences pour étudier des questions déterminantes. Nous souhaitons recevoir des propositions portant sur des expériences ou l’amélioration des méthodes expérimentales. Nous cherchons tout particulièrement à promouvoir un dialogue entre chercheurs de divers horizons sur des questions liées à la conception, à la réalisation et à l’analyse des expériences.

Thématiques possibles :

  • Les expériences sur la mobilisation et la persuasion : la modification du comportement politique et de l’opinion publique
  • Les expériences sur les préjugés : la compréhension des relations entre les groupes et la lutte contre les préjugés
  • Les expériences dans les médias : l’évaluation de l’impact des messages véhiculés par les médias sur les attitudes
  • Les expériences en matière de politiques publiques et de développement économique : l’évaluation de l’efficacité des interventions ciblées au sujet de politiques
  • Les expériences et les institutions politiques : la conception d’institutions plus efficaces
  • Les avancées dans les méthodes expérimentales


Atelier 7 – L’eau et l’expérience canadienne
Organisateurs : Loren King (Wilfrid Laurier University)

L’eau a toujours façonné et continue à façonner la longue histoire de la vie politique dans ce qui est aujourd’hui le Canada. Songez au vieux cliché du Canada, terre sauvage de lacs et de rivières. Pensez aussi aux spéculations selon lesquelles le monde à venir aura désespérément besoin de l’eau douce qui se trouve en abondance au Canada. Et plus troublant encore, pensez à la honteuse et persistance indifférence des colons à l’égard de la crise de l’eau dans laquelle ont été précipitées les communautés autochtones. L’eau a toujours joué un rôle crucial dans la définition et le développement des institutions canadiennes. Nous sommes à la recherche de communications qui explorent ces thèmes et ceux qui leur sont connexes, comme :

- La rivière : lieu de commerce, de conflit et d’identité au Canada
- Les eaux limitrophes : qui les gouverne? qui devrait les gouverner?
- Les points de vue des autochtones au sujet de l’eau : ressource? don sacré? entité vivante?

Nous nous intéressons particulièrement aux communications qui traitent, d’une part, des points de vue des autochtones sur l’eau et, d’autre part, des politiques et de la culture distinctives des Prairies canadiennes en ce qui concerne les questions liées à l’eau ou à certains cours d’eau.

Bien que cet atelier soit ancré dans la théorie politique, nous recevrons avec plaisir des propositions d’ordre empirique, notamment sur les politiques et la gouvernance, pourvu qu’ils soulèvent des questions conceptuelles ou morales à propos de l’eau. Sont également bienvenues les communications sur la littérature, l’art et les traditions orales qui peuvent approfondir notre compréhension des politiques de l’eau au Canada.


Atelier 8 – La cartographie et l’évaluation des relations intergouvernementales au Canada (et au-delà) | Proposition d’une série de tables rondes pour le congrès 2018 de l’ACSP
Organisateurs : Robert Schertzer (University of Toronto)

Description d’une série de tables rondes

Les relations intergouvernementales (RIG) ont un impact sur presque tous les aspects des politiques publiques au Canada : des soins de santé au développement économique, de l’aide sociale à la politique énergétique, des relations avec les autochtones à la réglementation environnementale et de l’immigration aux infrastructures urbaines. Ce rôle clé a maintenu les RIG dans la mire des politologues canadiens depuis de nombreuses années, l’accent étant surtout mis sur les relations « au sommet » entre les premiers ministres et sur les principaux développements dans les secteurs des politiques sociales et économiques. En dépit de cette attention, l’étendue et la complexité des RIG ont créé un nouveau défi : la compréhension de la dynamique des RIG canadiennes échappe maintenant à la portée du chercheur solo ou des petites équipes de chercheurs travaillant sur un domaine politique particulier. Par cette série de tables rondes, nous voulons réunir diverses perspectives en vue d’explorer les RIG dans un vaste éventail de secteurs politiques et ainsi de permettre de comprendre d’une manière plus systématique et complète la dynamique des relations et des configurations institutionnelles Canada et au-delà.

La série de tables rondes sur « La cartographie et l’évaluation des relations intergouvernementales au Canada et au-delà » comprend cinq séances connexes :
1. Les RIG au Canada et au-delà : une comparaison entre les configurations, les modèles dynamiques et leurs conséquences
2. L’union économique et monétaire du Canada et les RIG
3. L’union sociale du Canada et les RIG
4. La place des municipalités dans les RIG canadiennes
5. Les relations de nation à nation : repenser le rôle des peuples autochtones comme partenaires intergouvernementaux

Les participants de chaque table ronde se verront demander de traiter de deux thèmes connexes dans leur champ d’expertise respectif :

  • La configuration institutionnelle des RIG dans leur domaine. À cet égard, chaque participant discutera des normes, institutions et résultats clés qui forment la structure des RIG dans leur domaine (en insistant sur la plus ou moindre grande importance des forums multilatéraux/bilatéraux/unilatéraux dans les RIG).
  • L’évaluation des institutions en matière de RIG. Là-dessus, chaque participant analysera dans quelle mesure le processus et les résultats des RIG dans leur domaine sont légitimes et efficaces.

En somme, les deux facettes de la série, la cartographie et l’évaluation des IRG dans un vaste échantillon de domaines politiques (et d’un point de vue comparatif), aideront à mieux comprendre la nature complexe des relations et des institutions tout comme leur impact sur les politiques publiques. Par la même occasion, la confrontation de divers points de vue permettra d’approfondir la réflexion sur les méthodes et pratiques les plus judicieuses pour effectuer cette cartographie et cette évaluation (et donc de théoriser plus directement sur la meilleure manière d’étudier les RIG).