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Political Behaviour/Sociology

F17(b) - Élection Québec 2018

Date: Jun 6 | Time: 10:30am to 12:00pm | Location: SWING 309

Chair/Président/Présidente : Florence Vallée-Dubois (Université de Montréal)

Discussant/Commentateur/Commentatrice : Allison Harell (Université de Québec à Montréal)

Discussant/Commentateur/Commentatrice : Benjamin Ferland (University of Ottawa)


Session Abstract: Les communications présentées dans le cadre de ce panel chercheront à mettre à profit les données d’un sondage postélectoral mené en ligne dans les semaines suivant l’élection québécoise du 1er octobre 2018 afin d’apporter des réponses à un certain nombre de questions soulevées par le résultat historique de ce scrutin. La première communication explorera les raisons ayant motivé la participation électorale en 2018 et tentera d’identifier certaines des causes de son déclin et l’impact de celui-ci sur les appuis aux différents partis politiques. Le choix de vote des Québécois, quant à lui, sera analysé dans les trois autres communications. Une première se concentrera sur le comportement électoral des femmes afin de déterminer si, entre autres choses, la victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) a été rendue possible par un appui plus élevé qu’à l’habitude des femmes à ce parti. Une deuxième se penchera sur l’ensemble des facteurs de long terme permettant de brosser le portrait des clientèles électorales des divers partis, afin de voir si ce profil présente une certaine homogénéité en termes de caractéristiques sociodémographiques, socioéconomiques et idéologiques. Une dernière communication s’attardera cette fois aux facteurs de court terme du comportement électoral de 2018 en s’intéressant plus particulièrement au rôle des enjeux et de l’image de compétence des partis.


La participation électorale lors de l’élection québécoise de 2018: Valérie-Anne Mahéo (Université de Montréal / Université McGill)
Abstract: L’élection provinciale québécoise de 2018 a marqué l’histoire politique de la province de diverses manières, notamment avec un taux de participation historiquement faible. En effet, mis à part l’élection atypique de 2008, il faut remonter jusqu’aux années 1920 pour trouver un taux de participation électorale sous la barre des 70%. Qu’est-ce qui peut expliquer cette faible participation ? Est-ce que certains groupes ont participé à l’élection en moins grand nombre, et est-ce que certains groupes se sont abstenus de voter plus qu’en 2014 ? Ainsi, dans un premier temps, nous utiliserons les données d’un sondage postélectoral, administré en ligne auprès de 3000 répondants, pour présenter les taux de participation rapportés en 2018 par différents groupes sociodémographiques, comparativement à 2014. Dans un deuxième temps, nous nous pencherons sur les explications de la participation, et chercherons à comprendre pourquoi certains ont voté alors que d’autres se sont abstenus. Les données du sondage nous permettent d’examiner l’impact des ressources individuelles, des attitudes politiques, de la mobilisation et de certains facteurs contextuels de la campagne sur la participation. L’analyse de la participation électorale – à savoir qui s’est abstenu et qui a voté, et pour quelles raisons – peut participer à expliquer le succès et le déclin de certains partis politiques, et à mieux comprendre le résultat de l’élection québécoise de 2018.


Les femmes et la politique québécoise en 2018: Jean-François Daoust (Université McGill)
Abstract: En avril 2018, plusieurs journaux titraient « La CAQ à la conquête/doit conquérir le vote des femmes », illustrant qu’un gender gap était persistant au Québec à l’égard du choix électoral. Dans cette recherche, j’analyserai la persistance et/ou l’effritement du gender gap à l’égard de plusieurs objets politiques. D’une part, en termes descriptifs, sur quelles attitudes et comportements politiques y a-t-il des écarts importants entre les sexes? Les femmes sont-elles plus à gauche, participent-elles autant que les hommes, leurs préférences envers les partis et leaders diffèrent-elles? Ce sont le genre de questions auxquelles je fournirai une réponse claire. D’autre part, j’analyserai l’impact de ces différents facteurs sur deux comportements politiques : la participation et le choix électoral. Illustrer des différences descriptives entre les sexes est intéressant mais ne suffit pas pour bien expliquer et non seulement décrire. Il peut y avoir des écarts (ou non) sans pour autant que l’effet soit différent sur les comportements politiques. Par exemple, il peut ne pas y avoir de gender gap au niveau de certaines attitudes, mais l’effet de celles-ci peut être significativement différent entre les sexes. Autrement dit, j’analyserai l’effet de modération du sexe sur des déterminants importants du choix de vote. Cette recherche amènera un éclairage fécond sur des dynamiques importantes connues, mais dont on doit tenir compte des effets de modération en fonction du sexe pour mieux comprendre les électeurs québécois.


Les clientèles des partis à l’élection québécoise de 2018: Éric Bélanger (Université McGill)
Abstract: Le résultat de l’élection provinciale de 2018 au Québec a été historique puisqu’il a été marqué par l’arrivée au pouvoir d’un tiers parti pour la première fois depuis 1976. Ce résultat annonce-t-il un changement durable (certains diraient un « réalignement ») de la dynamique partisane au Québec? Une manière de répondre à cette question fondamentale est d’étudier le profil sociodémographique, socioéconomique et idéologique (positionnements sur une dimension gauche-droite et sur la question nationale) des clientèles ayant appuyé les divers partis à l’élection de 2018. S’il s’avérait, par exemple, que la percée de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est réalisée sans la matérialisation d’une clientèle présentant un profil très typé (ou homogène), il y aurait lieu de se questionner sur les chances à plus long terme de la CAQ de s’imposer comme un véritable nouveau pilier du système politique québécois. Le profil de l’autre parti émergent de 2018, Québec solidaire (QS), est aussi intéressant à étudier puisque la question se pose de savoir si son électorat priorise, ou non, un positionnement de gauche à un positionnement sur l’enjeu de l’indépendance du Québec. Qu’en est-il aussi du profil des électeurs, moins nombreux, qui sont demeurés fidèles aux deux vieux partis du système, le Parti libéral (PLQ) et le Parti québécois (PQ)? Cette étude des clientèles partisanes de 2018 reposera sur les données d’un sondage postélectoral mené auprès de 3000 répondants.


Le rôle des enjeux lors de l’élection québécoise de 2018: Richard Nadeau (Université de Montréal)
Abstract: Ce texte porte sur le rôle des enjeux dans le vote des Québécois lors des élections provinciales du 1er octobre 2018. Les résultats sont basés sur un sondage en ligne effectué auprès de 3000 répondants dans les semaines qui ont suivi cette élection. Ce sondage inclut des batteries de questions détaillées permettant de mesurer l’importance accordée par les électeurs aux différents enjeux de même que leurs perceptions à propos de la compétence des partis (« issue ownership ») pour s’occuper de ceux-ci. Elle comprend également des questions mesurant l’association spontanée (et non la compétence en tant que tel) entre les enjeux et les partis. Le texte proposé se penchera principalement sur deux questions. Il cherchera d’abord à établir si ces deux types de perceptions à propos des enjeux et des partis, soit la compétence et l’association, ont joué un rôle significatif dans le choix des électeurs québécois. Le texte cherchera plus fondamentalement à identifier quels enjeux ont contribué à la victoire de la Coalition Avenir Québec et à la montée significative des appuis à Québec solidaire. Ces analyses nous permettront notamment de vérifier si la progression de ces deux partis émergents est attribuable à des enjeux comme l’environnement et l’immigration qui sont associés à l’émergence d’un nouveau clivage plus culturel qu’économique dans les sociétés occidentales. Ce faisant, les analyses qui seront menées permettront de voir si l’élection de 2018 paraît présenter les caractéristiques d’une élection de réalignement qui annonce une reconfiguration durable des équilibres partisans au Québec.